J’ai perdu Albert, de Didier van Cauwelaert

J'ai perdu Albert, de Didier van Cauwelaert

J'ai perdu Albert, de Didier van CauwelaertJ’ai passé une nuit hallucinante de douceur. Comme si nos vides affectifs étaient devenus un terrain d’entente, un patrimoine commun. On était les mêmes, à des années-lumières. Issus de mères en béton armé et de pères trop tôt disparus, on s’était toujours crus indignes d’être aimés. Résignés à ne pouvoir combler que des profiteurs ou des manipulatrices. Condamnés aux plantages à court terme qui justifiaient nos complexes. 

Bien, donc comme tous les ans, je me suis précipitée (pour ne pas dire jetée) sur le dernier roman de Didier van Cauwelaert avant même sa sortie. Sauf que cette année, le tourbillon de la vie m’a empêchée d’en parler plus tôt, et au final ce n’est pas forcément plus mal parce que cette lecture a semé quelques graines en moi, qui depuis ont pas mal poussé.

Dans Au-delà de l’impossible, notre auteur explique comment, par le biais de deux medium (essentiellement Geneviève Delpech, mais aussi Marie-France Cazeaux), il a été mis en communication avec les esprits de deux des plus grands génies scientifiques du XXe siècle : Albert Einstein et Nikola Tesla. C’est aussi le thème de ce roman : si Chloé est la voyante la plus en vue du pays et ne se trompe jamais, c’est grâce à Einstein, qui lui transmet des messages. Mais lorsqu’elle se sert de son crédit pour faire engager son amoureux à un poste élevé, Albert se vexe (à moins qu’il n’ait d’autres raisons), boude et la quitte pour aller s’installer dans la tête d’un garçon de café apiculteur, qui n’en demandait pas tant.

C’est évidemment un roman très drôle, bourré de quiproquos et autres embrouilles, comme Cauwelaert sait si bien les manier. On y retrouve bien sûr ses thèmes plus ou moins obsédants, l’amour, l’absence du père, la voyance, les abeilles et Einstein, et c’est un véritable plaisir de suivre Chloé et Zac, personnages abîmés par la vie et à la dérive, qui parviennent à se sauver l’un l’autre. Pour toutes ces raisons, j’ai adoré (mais je sais, je ne suis absolument pas objective concernant cet auteur). Mais à titre beaucoup plus personnel, j’ai aussi adoré parce que ce roman a fait signe et sens. Pour tout dire, j’ai reçu une espèce de signe à retardement qui explique pourquoi cet auteur, et un de ses thèmes obsédants en particulier, m’a toujours profondément touchée, et pourquoi, de fait, il a toujours accompagné ma vie. Et ça, je ne pouvais le comprendre qu’aujourd’hui, grâce à Einstein et à Zac. C’est la magie des synchronicités.

Alors au final, je ne crois pas qu’en soi, J’ai perdu Albert fasse partie des grands romans de l’auteur, et je sais qu’il ne plaira probablement pas à tout le monde (j’essaie d’être objective), même si sa drôlerie et son énergie procurent un grand plaisir de lecture. Nonobstant, c’est une lecture qui m’a beaucoup appris !

J’ai perdu Albert
Didier van CAUWELAERT
Albin-Michel, 2018

4 réponses sur « J’ai perdu Albert, de Didier van Cauwelaert »

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