Elle se fait des films

Lovesick (complètement fou), de Luke Matheny

Lovesick (complètement fou), de Luke MathenyOn perd tous un peu la tête quand on est amoureux…

Je pense que c’est l’Univers, la Providence, appelez ça comme vous voulez, qui a mis ce film sur mon chemin, par l’intermédiaire des suggestions personnalisées de Netflix (n’empêche, leur algorithme est le plus efficace que j’aie jamais vu…).

Charlie n’a jamais eu de chance en amour : toutes ses petites amies l’ont trompé (c’est en tout cas ce dont il est convaincu). Il s’est donc interdit de tomber amoureux, et ne sort qu’avec des filles qui ne sont pas son genre. Mais le jour où il rencontre Molly, il revoit un peu sa position, le problème étant qu’il ne cesse évidemment de la soupçonner de le tromper…

L’idée de base de cette comédie, c’est que l’amour romantique et la psychose ont beaucoup à voir l’un avec l’autre : l’amour perturbe les connexions neuronales, et l’amoureux est donc toujours plus ou moins délirant ; mais chez certaines personnes, les plus romantiques et celles dont l’imagination est exacerbée (genre, un écrivain ?), les débuts d’histoires sont une véritable torture, et l’amour les rend carrément psychotiques. C’est le cas de Charlie, adorable et attachant, en qui je me suis beaucoup reconnue, même s’il est quand même largement plus frappadingue que moi : le moindre truc que fait l’autre et il se fait des films, le moindre signe est le point de départ d’un total délire interprétatif dans lequel il se convainc qu’il est trahi. Je regrette un peu que le film ne creuse pas plus les origines de cette fragilité d’ailleurs, et ne fasse que mentionner que cela vient d’un déficit d’estime de soi, qui fait que le sujet considérant qu’il n’est pas assez bien pour être aimé (mais pourquoi ? d’où ça vient, ça ?) cherche tous les signes qui prouvent qu’il ne l’est pas. Et c’est fatigant, à la fois pour lui qui souffre le martyr car chaque début d’histoire d’amour, marqué par les incertitudes sur ce que veut l’autre, est un chemin de croix, et pour l’autre, qui en a vite assez d’être sans cesse soupçonné de trahison, et jette l’éponge, prouvant donc un peu plus au sujet psychotique qu’effectivement il ne mérite pas d’être aimé et le plongeant un peu plus dans sa psychose.

Alors évidemment, le film n’analyse pas les choses autant que moi : c’est une comédie romantique, vraiment drôle et en même temps très émouvante, qui montre aussi que l’amour demande des efforts : accepter l’autre comme il est même si on ne le comprend pas toujours, mais aussi parfois faire un véritable travail sur soi. En tout cas, c’est un film qui m’a fait beaucoup de bien (je me suis sentie à peu près normale dans mes délires, du coup) et comme c’est aussi un peu l’objet du Truc que j’écris, ça tombait bien.

Bref, un film choupitrognon, à voir !

Lovesick (complètement fou)
Luke MATHENY
2014

(2 commentaires)

  1. Cela donne envie de découvrir cette oeuvre. L’acceptation (réelle) de l’autre est sans doute ce qu’il y a de plus difficile (euphémisme) à accomplir en amour, car nous cherchons ce qui peut coïncider avec nous-même – la fameuse et illusoire âme soeur. Lise Bourbeau a publié un intéressant ouvrage sur ce sujet : « La puissance de l’acceptation » (Pocket).
    En tout cas, merci !

    Aimé par 1 personne

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