Celle qui racontait des histoires d’amour, de Friedrich Christian Delius

Celle qui racontait des histoires d'amour, de Friedrich Christian Delius

Celle qui racontait des histoires d'amour, de Friedrich Christian DeliusC’était l’occasion ou jamais, trois histoires attendaient leur auteur qui, assise, impassible, sur un banc dur au milieu de la cohue et de la foule du quai, trouvait délicieux d’être seule, de forger des plans et de savoir qu’elle avait encore tout ce travail devant elle et que ce n’était pas le sujet qui faisait l’excellence, mais la méticulosité du métier, l’ordonnancement et l’assemblage des motifs, des personnages, des paragraphes, des rythmes, des phrases, des mots, des pauses, de la ponctuation —

Evidemment, un titre pareil, j’y ai vu un appel à mon intention…

Après la rédaction d’une biographie remarquée et une vie de mère au foyer, Marie décide de se consacrer enfin à ce qu’elle a toujours pensé être son destin : l’écriture d’un roman. Un roman d’amour. Son sujet : l’histoire de Guillaume 1er d’Orange et d’une danseuse berlinoise, histoire illégitime dont elle est l’une des descendantes. Mais très vite, alors qu’elle est à La Haye pour ses recherches, s’impose l’idée qu’une autre histoire exige d’être racontée : celle de ses parents. Et puis sans doute aussi la sienne avec Reinhard…

Un roman très étrange, pour être honnête, plus réflexif que narratif car dans les faits, il ne se passe grand chose. Ce qui ne veut pas dire que ce n’est pas intéressant, car il est construit sur une certaine ambiance, assez pesante d’ailleurs,  et nous montre un écrivain qui, finalement, n’écrit pas : l’un des thèmes du roman, d’ailleurs, je pense que c’est ça, l’idée qu’il ne suffit pas d’un bon sujet pour faire un roman, car Marie a son sujet (ou plutôt ses trois sujets) mais je ne suis pas sûre qu’elle soit écrivain. Un autre thème est bien sûr l’amour, comme l’indique le titre, et l’amour pris dans la guerre : les guerres napoléoniennes pour Guillaume et la danseuse (mais on en sait très peu sur le sujet), la Première Guerre mondiale pour les parents de Marie et la Deuxième pour Marie et Reinhard ; c’est alors, aussi, tout un pan de l’histoire de l’Allemagne qui apparaît. Le problème, c’est que non seulement on ne s’attache absolument pas aux personnages, mais on ne sent absolument pas où est l’amour…

Bref, ce roman me laisse un peu perplexe : une histoire d’écrivain dont le sujet est l’amour, je pensais que cela me ferait signe, et de fait il y a bien eu quelques signes, mais beaucoup moins que ce que j’attendais. Surtout, j’ai trouvé le récit étrange… mais de fait j’ai généralement du mal avec la littérature allemande, ça vient peut-être de là !

Celle qui racontait des histoires d’amour
Friedrich Christian DELIUS
Traduit de l’allemand par Odile Demange
Fayard, 2018

4 réponses sur « Celle qui racontait des histoires d’amour, de Friedrich Christian Delius »

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