Un an entre les mains de l’univers, de Thi Bich Doan

Un an entre les mains de l'univers, de Thi Bich Doan

Un an entre les mains de l'univers, de Thi Bich DoanEn devenant un objet d’expérience obéissant uniquement aux lois universelles, je vais tester l’existence hypothétique d’éléments encore indéfinissables sur lesquels je n’ai aucun contrôle et que je peux juste laisser advenir dans ma vie par un lâcher-prise et une confiance totale dans l’univers. C’est parce que je ne prévois aucun résultat que l’expérimentation sera objective et non biaisée. Je ne dois rien planifier ni émettre aucune intention qui pourrait influencer le cours de l’expérience. 

Habituellement, je suis assez méfiante (pour ne pas dire plus) envers ce type d’ouvrages de développement personnel. Mais il se trouve qu’actuellement je travaille sur la confiance en moi et le lâcher-prise (vaste programme en ce qui me concerne, je pars de très loin) : aussi, lorsque Flammarion m’a proposé de m’envoyer ce récit, je me suis dit que ça tombait à pic, au moins pour essayer de comprendre ce que c’était, ce fameux lâcher-prise dont on nous rebat les oreilles.

Thi Bich Doan a fait beaucoup de choses dans sa vie, et notamment elle a abandonné un travail rémunérateur pour se lancer dans une thèse, puis s’est reconvertie dans les soins énergétiques. Elle décide, l’an dernier, de poursuivre ses recherches, et de passer un an sans rien décider, en se laissant porter par l’univers. C’est le récit de cette année que nous lisons ici, un voyage initiatique où elle se laisse guider par la vie et accepte tout ce qui se présente, sans influencer le cours des choses par les actions ou la volonté, afin de mettre en évidence une harmonie globale qui nous dépasse, et que l’on peut appeler l’Univers. Une année, 9 étapes, qui la conduisent un peu partout en France, en Europe et un peu dans le monde.

Alors évidemment, il s’agit avant tout d’une expérience, et non vraiment d’un guide : tout le monde n’est pas appelé à suivre l’exemple de la narratrice, et heureusement. Il n’empêche : ce récit m’a beaucoup intéressée, en tout cas sur le plan expérimental et théorique, car on découvre une multitude de pratiques spirituelles assez fascinantes ; certaines choses m’ont plutôt convaincue, comme le fait qu’il n’y a pas vraiment de hasard et que ce qui apparaît comme chaotique sur le moment se révèle a posteriori faire sens, le rôle des synchronicités, les signes, ce que l’esprit fait au corps (je suis d’autant plus convaincue de tout ça que je l’ai moi-même plusieurs fois expérimenté) ; pour le lâcher-prise, je crois que j’ai compris qu’il s’agissait surtout d’une espèce de confiance dans le fait que ce qui doit arriver arrivera (mais enfin, j’ai envie d’ajouter qu’il ne faut pas non plus se laisser complètement porter comme une feuille sur un cours d’eau et prendre des décisions).

Après, je suis un peu plus perplexe sur d’autres points. D’abord, et elle le note elle-même, la narratrice me semble aller un peu dans tous les sens, et je la soupçonne d’être tombée un peu dans une espèce d’addiction vis-à-vis des stages de formation et des retraites spirituelles, même si cela fait aussi partie de sa formation et de son travail. J’avais une amie comme ça (que j’ai perdue de vue, mais je suis sûre que je vais la revoir bientôt, une intuition) qui s’essayait à tout, faisait des stages, expérimentait tout un tas de techniques, je l’ai parfois accompagnée d’ailleurs avec plaisir, mais il me semble qu’il faut savoir raison garder, et surtout, ne pas consacrer toute sa vie à ça, sinon je crois vraiment qu’au lieu d’avancer, on stagne (la vraie vie, ce n’est pas passer 80% de son temps à méditer). Mais surtout, il m’a manqué quelque chose. Alors évidemment, ce n’est pas un roman, donc elle n’allait pas inventer ce qui ne s’était pas produit (encore que je me demande si elle n’aurait pas aussi bien fait de partir de son expérience pour proposer un roman initiatique). Mais il m’a manqué l’amour au bout du chemin. L’amour sans quoi, selon moi, tout cela ne sert à rien.

Bref, un récit plutôt intéressant (même s’il n’intéressera pas tout le monde), dont les thématique m’ont souvent fait penser à Mange, prie, aime mais qui vaut plus pour l’aspect théorique que pratique. En tout cas, il pose de bonnes questions et permet de réfléchir à ce qui est vraiment important pour nous !

Un an entre les mains de l’Univers
Thi Bich DOAN
Flammarion, 2018

4 réponses sur « Un an entre les mains de l’univers, de Thi Bich Doan »

  1. jostein59

    Il faut parfois passer par ce type de lecture ou d’expérience ( sans effectivement tomber dans l’addiction) pour faire le chemin vers la connaissance et l’acceptation de soi. Bien sûr, l’amour est au bout du chemin. Mais selon moi, celui à trouver est l’amour de soi. Le seul qui te conduit vers l’amour des autres. Quant au destin, oui, j’y crois. Rassurant, inquiétant? Peut-être conduit-il vers une résignation (ça on n’aime pas) heureuse ( ça c’est le principal)

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  2. AuroreVoyage

    Il faut savoir lâcher prise et accepter ce qui est. Mais vivre une année entière sans rien décider ce n’est pas possible puisque si je vais manger, par exemple, c’est bien que je l’ai décidé même si quelque chose, une intuition, un besoin vital, une envie, m’y a gentiment poussé 🙂
    En revanche, écouter les « signes », synchronicités, s’écouter soi même, les symptômes du corps etc … c’est primordial c’est certain.

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