Elle lit des romans

Éparse, de Lisa Balavoine

Éparse, de Lisa BalavoineIl serait question d’aimer, il serait question de raconter. C’est ce qui se fait de nos jours, raconter. Mettre en mots. Encrer. Déverser. La sueur, la moelle, le sang. Le beau comme le sale. Ce qui brûle là, au-dedans. Le vivant. Des histoires de rien, brodées de petits motifs, ajustées aux entournures, un peu lâches par moments. Des histoires de rien, parce que le beaucoup ce n’est pas mon fort, parce que le plein je le connais mal, parce que je ne connais que le bancal, le boiteux, le casse-gueule, le branlant. Des histoires de rien, parce que je ne vise pas bien loin, parce que je me contente de peu, parce que je n’ambitionne pas de voir grand. Des histoires qui ne font pas de bruit et des histoires qui claquent. D’autres qui rythment une vie. Il faudrait que quelqu’un me dise par où commencer : je ne veux pas d’un début qui soit un commencement, je préférerais un début qui serait une fin et puis qui recommencerait, à l’envers, à rebours, à reculons. Une histoire qui se plante de trajectoire. Une histoire qui ne va pas tout droit. Je pourrais sans doute parler de moi. 

Attention, énorme coup de coeur pour ce premier roman qui m’a totalement à la fois chamboulée et illuminée (un peu dans la douleur, néanmoins).

Par fragments, telles les pièces d’un puzzle, la narratrice (l’auteure ?) fait l’inventaire de sa vie — l’enfance, l’amour et sa disparition, l’amour et sa réapparition, le tout mêlé d’extraits de chansons…

Alors je l’ai dit, ce roman est pour moi un énorme coup de coeur, pour plein de raisons qui tiennent à la fois de l’originalité de la forme, de la maîtrise de l’écriture et bien sûr des résonances qu’il a eues en moi, jusqu’au plus profond. En un instant, on passe du sourire (parce qu’il y a une grande légèreté dans la manière dont Lisa Balavoine traite son sujet) aux larmes. Il y a ici tout de la vie, la vie d’une femme, dans ce texte-là — les joies, les chagrins, les souvenirs, la nostalgie. Des listes. C’est évidemment très générationnel (elle a un peu plus de 40 ans) mais il y a en même temps quelque chose d’universel, car c’est un roman qui parle d’amour (et quand on aime on a toujours 20 ans), ses petites complications, ses joies et ses douleurs : j’ai envie de retenir tellement de passages tant ils font écho en moi et me bouleversent (j’en ai relu quelques uns pour écrire cet article et wow !) — lorsqu’à 40 ans on doute de soi, de sa capacité à être séduisante dans les yeux d’un homme, à jouir et à faire jouir, à aimer (surtout quand on n’a jamais su).

Bref, un roman lumineux, qui m’a à la fois bouleversé et régénérée ! Merci Lisa !

Lu par Leiloona

Éparse
Lisa BALAVOINE
Lattès, 2018

(6 commentaires)

  1. Ce que j’adore en te lisant, c’est que j’aime autant la manière dont tu parles des livres que tu lis que tes choix de lecture. Et mon souci, c’est qu’à chaque fois j’allonge une LAL déjà abominable !

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