Elle lit des romans

Les Anciennes Nuits, de Niroz Malek

Les Anciennes Nuits, de Niroz MalekNe croyez pas que je plaisante avec vous, reprit-il. Je vous dis la vérité. Le meilleur moyen pour un écrivain d’évacuer l’angoisse est l’écriture. Ecrivez chaque nuit sans avoir un sujet précis, ne vous posez pas de question sur quoi écrire. Ne dites pas : j’attends l’inspiration, elle finira par me tomber dessus… Ecrivez, écrivez, un point c’est tout.

Pour suivons notre tour du monde, et faisons aujourd’hui une escale littéraire en Syrie, plus précisément à Alep, où nous invite Niroz Malek avec ce roman qui réécrit les Contes des Mille et une Nuits.

Malade du coeur, le narrateur, écrivain, se voit proposer par son médecin un curieux remède : passer la nuit à écrire, à raconter des histoires pour sauver sa vie.

Curieux roman que celui-ci, très onirique, dont l’hypotexte des contes se signale à la fois par la structure, puisqu’il écrit chaque nuit un bout d’histoire pour sauver sa vie, mais aussi par les histoires elles-mêmes : on croise, au détour d’une page, Aladin et sa lampe, Shéhérazade et Shahryar, ainsi que nombre de Djinns. Les récits sont enchâssés parfois jusqu’au vertige, et la frontière entre le réel et le fictif, le passé et le présent, s’efface : ce qui nous est montré, ce n’est pas la Syrie actuelle, les événements tragiques qui la secouent actuellement sont parfois perceptible mais métaphoriquement ; c’est plutôt comme si le temps des contes, celui des sultans et des califes, était comme réactualisé, transposé dans un univers contemporain, celui du narrateur, qui vit d’étranges aventures où le sultan le convoque régulièrement pour lui demander conseil. Cela donne finalement quelque chose de très poétique, souvent sensuel, qui interroge de manière détournée le pouvoir politique mais aussi, bien sûr, l’écriture et la fiction.

Un très beau roman donc, original et profond : toutes les histoires insérées ne se valent pas, mais l’ensemble est vraiment très réussi et mérite d’être découvert !

Les Anciennes Nuits
Niroz MALEK
Traduit de l’arabe (Syrie) par Fawaz Hussain
Le Serpent à plumes, 2017

1% Rentrée littéraire 2017 — 41/42
By Herisson

(2 commentaires)

Un petit mot ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s