Elle lit des nouvelles

New York Stories, F. S. Fitzgerald, H. Miller, J. Charyn

New York Stories, F. S. Fitzgerald, H. Miller, J. CharynThe Majestic came gliding into New York harbor on an april morning. She sniffed at the tugboats and turtle-gaited ferries, winked at a gaudry young yatch, and ordered a cattle-boat out of her way with a snarling whistle of steam. Then she parked at her private dock with all the fuss of a stout lady sitting down, and announced complacently that she had just come from Cherbourg and Southampton with a cargo of the very best people in the world.

Lorsque je suis tombée sur ce recueil l’autre jour, j’ai eu immédiatement envie de partir avec lui en voyage à New York, ville chère à l’imaginaire des écrivains (et des cinéastes), ville à l’énergie débordante qui ne dort jamais. La préface, très instructive, nous en apprend plus sur la manière dont les plus grands auteurs américains l’ont écrite, avant de pouvoir se plonger dans trois nouvelles extrêmement différentes de Fitzgerald, Miller et Charyn, que l’on peut lire en VO tout en ayant le filet de protection de la traduction, ce qui n’est pas anodin, en tout cas pour moi, car j’avais justement envie de dérouiller un peu mon anglais.

La première nouvelle, Rags Martin-Jones and the Prince of Wales de Francis Scott Fitzgerald, est un plaisir de lecture totalement fitzgeraldien : c’est un peu facile de dire cela, mais je ne vois pas comment le dire autrement. Une riche héritière qui rentre à New York après avoir voyagé en Europe et notamment à Paris, s’ennuie. Il y a là tout ce que j’aime chez Fitz : le luxe, la fête et les plaisirs, et une certaine cruauté.

The Fourteenth Ward de Henry Miller est un texte très énigmatique qui nous entraîne dans les bas-fonds du 14e district. J’ai eu du mal à accrocher avec ce texte étrange et sombre, voire gluant, et de fait ce n’est pas la première fois que j’ai du mal avec cet auteur, dont certaines phrases m’illuminent (et ce fut à nouveau le cas ici) mais que je peine à lire sur la longueur.

Enfin, avec Sing, Shaindele, Sing, Jerome Charyn nous emmène dans une histoire qui, si elle se déroule dans les années 40, semble pourtant avoir été écrite hier : celle d’une artiste de music-hall qui après avoir ravi tout le monde avec ses traits enfantins devient femme et suscite les convoitises masculines… Un très beau texte.

Bref, un beau recueil, où New York change de visage, et qui permet de se plonger dans la littérature américaine, ce qui ne fait pas de mal !

New York Stories (Nouvelles new-yorkaises)
Francis Scott FITZGERALD, Henry MILLER, Jerome CHARYN
Traduit de l’américain par Suzanne Mayoux, Henri Fluchère et Anne Rabinovitch
Préface de Gérard-Georges Lemaire
Gallimard, Folio Bilingue, 2007

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