Elle lit des essais

La Nuit est encore jeune, de Catastrophe

La Nuit est encore jeune, de CatastropheCe livre, écrit par amitié, nous l’avons imaginé comme une promesse faite à nous-mêmes et à ceux qui s’y reconnaîtraient. Pas plus un programme qu’un traité ou qu’un manifeste, c’est simplement un rendez-vous donné à notre propre avenir. Un sentiment de jeunesse qu’on se dépêche de fixer avant qu’il ne s’évapore ; une certaine idée du futur. Pour beaucoup d’entre nous, l’idée même de résignation est obsolète et nos vies, ces anecdotes uniques et non reproductibles, nous aimerions en faire des paris. Après la sidération du siècle achevé, l’avènement des cultures de masse, le nihilisme et les cendres, nous renaissons aujourd’hui, fragiles et attentifs à ce qui pourrait arriver dans un monde brutalement rappelé au tragique, où il n’y a plus une seconde à perdre. Tout change à chaque instant : c’est une chance.

Le collectif Catastrophe est un groupe de jeunes personnes formé en 2015, et qui fait de l’art. De la musique, de la scène, mais aussi de la littérature, et en cette rentrée littéraire 2017, ils ont oublié un essai, où ils nous confient leur manière — poétique — d’habiter le monde.

C’est donc le livre d’une d’une génération. Ils avaient dix ans lors du passage à l’an 2000, à peine plus lorsque les tours jumelles se sont effondrées. En courts chapitres, fragments divers impossibles à résumer et organisés en compte à rebours, ils sèment leurs souvenirs, leurs réflexions sur la société et leurs espoirs.

Curieux objet littéraire que celui-là, assez séduisant par le regard qu’il porte sur notre monde : ils sont jeunes et n’ont pas vécu comme nous certains événements comme le 11 septembre ; ils portent sur le chaos du monde un regard un peu désabusé mais surtout pas cynique, au contraire, il y a chez eux un bel enthousiasme, une foi en l’avenir, l’espoir que quelque chose se passe, des pistes de réflexion, et l’idée que, peut-être, la littérature et l’imagination sauvera le monde. Ils ont un vrai style, une vraie vision, née d’échanges constants entre les deux auteurs principaux, Pierre Jouan et Blandine Rinkel, et les autres membres du groupe, et j’ai aimé leur manière de faire passer la poésie en contrebande dans le quotidien.

Un texte très original, un peu un OLNI (Objet Littéraire Non Identifié), à découvrir si vous êtes curieux !

La Nuit est encore jeune
CATASTROPHE
Pauvert, 2017

1% Rentrée littéraire 2017 — 36/36
By Herisson

(2 commentaires)

  1. Encore une lecture qui m’attire, je crois qu’on a les mêmes penchants ! Le collectif Catastrophe, je le lis souvent grâce à Facebook : ils me passionnent, et j’espère secrètement les rencontrer au salon de la revue qui commence demain…

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