Elle se réfléchit dans le miroir

La geek qui n’aimait pas la lecture numérique

Il était une fois une geek : moi. Enfin, une geek, c’est peut-être exagéré, mais c’est néanmoins ce qu’on me dit souvent, parce que je suis à l’aise avec les nouvelles technologies, que je comprends globalement comment ça fonctionne, et qu’en règle générale elles ne me résistent pas. Je ne suis pas une digital native, mais je me suis totalement adaptée, et je me fais l’apôtre de la modernité heureuse. Regrettera qui veut le bon vieux temps/[…] Moi, je rends grâce à la nature sage / Qui, pour mon bien, m’a fait naître en cet âge / Tant décrié par nos tristes frondeurs  : j’aime être connectée, avoir accès au monde en un clic, surfer sur internet avec mon smartphone, ne plus perdre de temps, faire mes courses en ligne, regarder des séries sur Netflix, communiquer avec mes amis sur Facebook, me tenir au courant de l’actualité grâce aux applications et à twitter, regarder des photos de partout dans le monde sur Instagram, lire des blogs, regarder des videos sur Youtube… Oui, la modernité, le numérique, les nouvelles technologies me conviennent parfaitement, et je n’ai pas du tout l’impression d’être envahie.

Et pourtant. Pourtant, il y a un truc auquel je ne me fais vraiment pas, c’est les livres numériques. Le livre papier, c’est le seul sujet sur lequel je suis résolument réactionnaire. Et encore, je ne suis pas contre le principe en lui-même, juste, je n’y arrive pas. J’en vois bien tous les avantages : le gain de place, l’aspect pratique… mais non. Déjà, on a beau me montrer tout un tas de liseuses plus fantastiques les unes que les autres, l’objet ne me séduit pas, j’ai toujours refusé d’investir, et pour cet usage je me suis toujours contentée de ma tablette, qui me sert à plein d’autres choses (je crois que j’ai du mal avec l’idée d’un appareil qui ne soit pas multifonctions). J’ai vraiment essayé, mais je vois bien qu’avec le temps, l’idée de lire en numérique m’est de plus en plus pénible. Je refuse désormais systématiquement les SP numériques, que ce soit pour les livres qui existent aussi en papier ou pour les ouvrages exclusivement publiés dans ce format. Finalement, je ne lis plus en numérique que les BD, ce n’est pas idéal mais comme une BD c’est rapidement lu, ça va. Mais sinon, j’ai vraiment besoin du rapport charnel à l’objet livre, au papier.

Seule exception finalement, mais c’est rare malheureusement : les œuvres pour lesquelles le numérique apporte une véritable plus-value, et qui sont d’ailleurs souvent proposés au format application (et nécessitent donc la tablette) et non « livres numériques » (c’est-à-dire ni plus ni moins qu’un bête fichier) : lorsqu’en plus des mots, il y a des images, des sons, des animations, éventuellement des contenus interactifs, bref, qui proposent une véritable expérience ; c’est le cas par exemple de Phallaina de Marietta Ren ou de Alienare de Chloé Delaume et Franck Dion. Là, je dis oui, un grand oui. Pour le reste, c’est non.

Donc voilà : je m’appelle Caroline, je suis une geek, et je déteste la lecture en numérique.

 

(12 commentaires)

  1. Je me retrouve pas mal dans ce que tu dis. Sauf que. Si, de manière générale, je lis exclusivement sur papier, lorsque je pars en vacances – souvent à l’étranger où, par définition, je n’ai pas de librairie vendant des livres français à disposition -, la liseuse m’apparaît comme LA solution miraculeuse ! Ma librairie est dans ma valise et, quand je me balade, je ne trimballe pas un pavé dans mon sac… Mais dès que je reviens à Paris, je range généralement ma liseuse jusqu’à l’année suivante.
    Mais ce qui m’étonne, c’est que tu lises des BD en numérique. Pour le coup, il me semble que le format est très réducteur, non ?

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  2. Bonjour,
    personnellement, je n’oppose pas le livre papier au livre numérique. J’ai investit dans une liseuse pour le confort qu’elle procure en déplacement et évite quand on part régulièrement à l’étranger de devoir se charger avec les livres. Il m’est arrivé de commencer une lecture sur un livre papier et de la poursuivre avec la liseuse et de finir avec le livre papier.
    En vol de nuit , pouvoir lire sans allumer une veilleuse c’est sympa pour le voisinage.
    Mais, soyons clair 95 % de mes lectures sont avec des livres papiers.

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  3. Chère geek, chère Caroline,

    Bien que multi-blogueur, je suis comme vous, je refuse les liseuses. Car je ne vois que des défauts :
    l’inconfort de lecture d’un écran plat et lumineux,
    le besoin d’énergie pour lire et donc un développement durable bafoué,
    mais surtout le partage, oui cette notion primaire à toutes lectures, de le lire là maintenant et puis le prêter, le donner, le relire plus tard (sans obsolescence de la pseudo liseuse et de ses batteries).
    Quel bonheur d’annoter un livre, de l’oublier dans un coin de chambre ou de bureau, de le retrouver, de sentir l’odeur d’un polar ancien, de feuilleter, oui le doigt sur un papier vivant !

    Laissons respirer nos livres de papier, ils sont mon oxygène !

    Amitiés

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