Elle lit des romans

Avant tout, se poser les bonnes questions de Ginevra Lamberti

Avant tout, se poser les bonnes questions de Ginevra LambertiTravailler dans un centre d’appel te met d’emblée dans la peau d’un jeune de ton temps. Quelques années plus tôt ce métier a connu une brève mais intense médiatisation dont est sorti un mythe genre Vietnam, genre si tu l’as fait tu es un guerrier. Le centre d’appel n’est plus un sujet de conversation à la mode, mais il existe toujours en tant que lieu de travail, de sorte que tu peux continuer à y aller, aux mêmes conditions qu’avant, sans que quiconque ponde un édito sur des aspects privés, comme les collaborations occasionnelles.

Si la littérature italienne n’est pas la littérature étrangère que je maîtrise le moins, j’avoue que question contemporains, je me suis arrêtée à Umberto Eco (mythe indépassable, du coup). Heureusement, il y a les éditions du Serpent à Plumes, qui nous proposent en cette rentrée littéraire de découvrir une voix pleine de fraîcheur, celle de Ginevra Lamberti, au nom particulièrement chantant et dont c’est ici le premier roman.

Gaia est étudiante en langues rares, et vit dans une vallée au nord de Trévise absolument magnifique mais où elle s’ennuie à mourir. Sujette aux crises de panique, elle voudrait trouver un vrai travail, mais ne déniche que des stages non rémunérés et des trucs à la con — comme par exemple opératrice dans un centre d’appel dans la banlieue de Venise où elle déménage. Bref, Gaia comme beaucoup de jeunes de sa génération a du mal à trouver sa place dans le monde…

Un premier roman très réussi, plein de drôlerie, de malice et de fantaisie, et dont la narratrice est immédiatement attachante par sa maladresse et son côté un peu lunaire. Mais la fantaisie parfois burlesque ne saurait occulter le vrai sujet du roman : le portrait d’une génération qui se cherche, précaire, qui a fait des études pas tellement adaptées au marché du travail, qui ne se voit proposer que des boulots absurdes et mal payés où il faut arnaquer des gens, et qui vit en collocation dans des appartements à moitié en ruine — à Venise, certes. Légèreté donc, mais aussi gravité, dans ce roman où il s’agit finalement de grandir et de devenir adulte, faire face aux aléas de la vie et à ses difficultés, et dans lequel on se retrouvera finalement tous, un peu. La fin est extrêmement touchante.

Un joli roman donc que celui-ci, plein de gaieté et d’énergie, et en même temps empreint d’une certaine mélancolie émouvante. A découvrir !

Avant tout, se poser les bonnes questions
Ginevra LAMBERTI
Traduit de l’italien par Irene Rondanini et Pierre Bisiou
Le Serpent à Plumes, 2017

1% Rentrée littéraire 2017 — 20/24
By Herisson

(5 commentaires)

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