Elle lit des récits et chroniques

Guide de survie au Cap Ferret, de Pascal Bataille et Christian Moguérou

Guide de survie au Cap-Ferret, de Pascal Bataille et Christian MoguérouTout comme le sable ne se laisse pas dompter, on ne conquiert pas le Cap Ferret. C’est lui qui décide de vous adopter et qui, alors, en un instant, peut vous charmer et vous séduire à jamais. Le Cap Ferret n’est ni un gigolo, ni une fille facile. Il ne se donne pas à tout le monde.
Si nombreux, heureusement, sont ceux qui sont passés sans rien voir et aussi vite repartis, déçus, convaincus d’avoir été victimes d’une publicité mensongère.
Dans le sable, leurs traces se sont vite évanouies.
C’est encourageant, le sable, les mauvais pas s’y effacent.

Laissons un peu de côté la rentrée littéraire pour aujourd’hui, et replongeons nous un moment, alors que déjà l’automne toque à la porte, dans les souvenirs estivaux — mon autre chez moi, mon Cap Ferret. Le souvenir d’une soirée littéraire à Côté Sable, l’hôtel de Pascal Bataille en face du Bassin, un verre de vin et la présentation de cet ouvrage évidemment fait pour moi !

Cet ouvrage se veut donc une sorte de guide initiatique pour entrer dans la secte des ferretcapiens, privilège qui est loin d’être donné à tout le monde. On y trouve donc les lieux mythiques, les personnages emblématiques, les us et coutumes (très codifiés, attention aux impairs), les sensations, les incontournables, afin de mieux comprendre l’esprit des lieux.

Evidemment, il s’adresse surtout aux amoureux de ce bout de terre sauvage qui ne se donne pas à tous, mais seulement aux chanceux qui sauront l’aimer ou l’apprivoiser, alors que d’autres repartiront déçus : les happy few savent, qu’il est impossible ici de marcher en talons hauts et que les espadrilles (mais jamais neuves) sont de rigueur, qu’on ne sert pas de plats chauds dans les cabanes à huîtres (ni de dessert), qu’il faut regarder les bateaux pour savoir si la marée monte ou descend et qu’elle est parfois facétieuse. Alors c’est une déclaration d’amour, parfois un peu exagérée, souvent drôle, parfois sarcastique, à l’occasion instructive même pour moi (sur le plan historique il y avait encore des choses que j’ignorais).

Pour celui qui aime les lieux, il se dégage de ces pages une nostalgie heureuse, celle des huîtres et de l’apéritif, des dunes blanches et des cannelés, du soir qui tombe et de la marée (ah ce spectacle fort drôle et gratuit que de regarder ceux qui se sont installés trop près du bord à marée montante, qui font la sieste et sont brutalement réveillés par une vague plus forte que les autres — je peux rire, cela m’est arrivé aussi), le sable qui s’insinue partout et nous suit à la maison, le Mimbeau à toute heure du jour. Evidemment, on aurait pu ajouter des chapitres : le si joli village de l’Herbe et ses cabanes ostréicoles colorées, les écrivains que j’aurais mis dans un chapitre à part tant il y a à dire ; il y a des points sur lesquels je suis moyennement d’accord. Mais. J’ai pris un plaisir fou à lire cette ode à notre Paradis…

Guide de survie au Cap Ferret
Pascal BATAILLE et Christian MOGUÉROU
Vents Salés, 2017

(6 commentaires)

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