Elle lit des romans

Un moustique dans la ville, d’Erlom Akhvlediani

Un moustique dans la ville, d'Erlom AkhvledianiTout ce qui vient en ce monde vient dans un but donné, pour une tâche à accomplir. Quelque chose le fait naître.
Le plus souvent cette tâche est déterminée dès avant la naissance et insufflée dans la vie.
Puis ceux qui sont nés, ayant reçu la vie en gage, oublient d’un coup pourquoi ils sont nés et ce qui les a fait naître ; dans le meilleur des cas, ils souffrent parce qu’ils ne savent pas pourquoi ils sont nés et, au pire, non seulement ils ne souffrent pas, mais ils sont devenus de vrais bons à rien : ils n’ont aucun souvenir et appellent même liberté cette insouciance et cette nonchalance.

Laïus sur la découverte de la littérature mondiale, blablabla. Aujourd’hui, la Géorgie (je ne crois pas me tromper en disant que c’est la première fois que je m’aventure dans la littérature de ce pays), avec ce roman ayant obtenu le prix Saba (le plus grand prix littéraire géorgien) en 2011.

Nous naissons tous pour une raison, une mission. Le moustique aux yeux bleus, le dernier de son espèce, lui, c’est pour se faire tuer. Mais pas par n’importe qui : par Djimchère. Qui pour sa part n’a aucune intention d’être un assassin.

Voilà un roman extrêmement déstabilisant et déconcertant : onirique, poétique, il donne à voir un monde où les rêves non réalisés se transforment en pierre, où les moustiques ont les yeux bleus et tombent amoureux de la pluie, et exige de son lecteur qu’il se laisse porter, sans forcément chercher un sens tant les choses peuvent parfois paraître absurdes. Du sens, pourtant, il y en a : les questionnement existentiels du moustiques sont porteurs d’une réflexion métaphysique, voire mythique, sur le destin, l’équilibre du monde, l’ordre des choses, doublée par un questionnement du geste même d’écrire : le narrateur intervient dans son histoire, commente, et se met lui-même en scène dans l’histoire.

Au final, une expérience de lecture étrange : je ne saurais trop dire si ce voyage dans l’âme slave m’a transportée ou non, un peu des deux je crois, je me suis parfois perdue, d’autres fois retrouvée, je n’ai certainement pas pleinement saisi la profondeur, mais certaines choses m’ont fait réfléchir. Du coup je suis perplexe, et sans doute vous aussi car je ne vous aide pas à savoir si vous avez envie de découvrir ce roman ou non. Je dirais quand même oui !

Un Moustique dans la ville
Erlom AKHVLEDIANI
Traduit du géorgien par Rusudan Turnava et Isabelle Ribadeau Dumas
Le Serpent à plumes, 2017

1% Rentrée littéraire 2017 — 12/6
By Herisson

(6 commentaires)

  1. C’est exactement ce que j’ai ressenti à la lecture de ce bien étrange roman. D’ailleurs, est-ce bien un roman ? Ne serait-ce pas une fable – la fable éternelle de la vie et de la mort -, une sorte de conte philosophique onirique, plutôt qu’un véritable roman ? Cette lecture m’a laissée un bizarre goût : celui de ne savoir si j’ai su l’apprécier à sa juste mesure (sans doute ma méconnaissance absolue de ce petit pays et de sa culture y sont pour beaucoup), d’être incapable, et c’est rare, de le classer dans mon échelle de valeur personnelle. Certains passages sont indéniablement beaux dans leur étrangeté presque immatérielle et immémoriale. D’autre m’ont été d’un ennui pesant (heureusement brièvement). Le résultat est que je suis, alors que je viens tout juste de l’achever, bien en peine d’exprimer ce que j’en retire vraiment. Mais pas rien, assurément.

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