Elle regarde la télé

Gypsy, de Lisa Rubin

Gypsy, de Lisa RubinJ’ai toujours cru que nous étions maîtres de notre destin, que nous contrôlions chaque décision concernant notre avenir, que nous choisissions qui épouser, quel métier exercer, que nous étions seuls responsables des choix qui façonnent notre existence. Il existe pourtant une force bien plus puissante que notre volonté : notre inconscient.

Une des séries Netflix que j’attendais le plus, et que j’ai visionnée le jour même de sa sortie, ce qui est assez peu courant pour être signalé (d’habitude j’ai toujours trois trains de retard et je ne regarde les séries que lorsque tout le monde en a déjà parlé).

Jean Holloway est psychothérapeute. Elle travaille à New-York, mais vit en banlieue avec son mari avocat et sa fille. Mais cette vie tranquille ne lui convient pas, et elle s’invente un personnage, Diane, journaliste freelance célibataire, et commence à s’impliquer dans la vie de ses patients en rencontrant les membres de leur entourage.

Une série assez fascinante, qui pose la question de la part sombre de nos désirs, et des choix que nous faisons : il apparaît très vite que si Jean s’invente un double à l’opposé des choix qu’elle a fait dans sa vie, ce double lui correspond peut-être finalement plus. C’est à la fois une soupape de sécurité par rapport à la banlieue étouffante où elle vit et doit subir la culpabilisation constante de ces mères au foyer parfaites pour qui les anniversaires d’enfants consistent plus à en mettre plein la vue à tout le monde qu’à faire plaisir aux intéressés, et finalement son vrai moi, qui lui permet de ne plus se mentir à soi-même (quitte à mentir aux autres) et vivre la vie qu’elle désire, être celle qu’elle aurait été si la société (sa mère) ne lui avait pas imposé ses impératifs : le mariage, la maternité. Bien sûr, ce grand écart constant, ce jeu d’équilibriste tissé de mensonges ne va pas sans dangers, et Jean risque de tout perdre en voulant se retrouver, parce qu’il y a aussi chez elle une large part de névroses, dont ses patients sont le reflet exact : il est risqué de laisser sans contrôle cette part de nous qui échappe à nos choix dictés par la société et que l’on croit être les nôtres. Et si la série est placée sous les auspices d’Alice au pays des merveilles, il y a surtout du Dr Jekyll et mister Hyde en Jean/Diane…

En tout cas une très belle série, au générique superbe et aux images extrêmement travaillées, parfois (souvent) très sensuelle. Naomi Watts est magnifique, et l’ensemble pousse à la réflexion…

Gypsy
Lisa RUBIN
Netflix, 2017 – (en cours de production)

4 réflexions sur “Gypsy, de Lisa Rubin

  1. Série engloutie en juillet … mais je suis restée sur ma fin. L’intrigue démarre lentement, on s’attend à de grandes révélations, mais tout reste en suspension. Ils n’ont pas eu assez de « cojones » à mes yeux pour aller jusqu’au bout de ce qui aurait pu être énorme. Parce que sur le terrain de « j’ai une identité trouble » de la part d’une psychiatre, il y a à faire.
    Dommage.
    (Du coup, cela entraîne la déprogrammation de la 2de saison, et le spectateur ne sait pas si c’est du lard ou du cochon en gros … bref, j’ai perdu mon temps.)

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