Elle regarde la télé

Black Mirror, de Charlie Brooker

Black Mirror, de Charlie BrookerDepuis le temps que j’entendais parler de cette série, j’ai enfin pris le temps de la regarder, avec un fail au départ : j’ai commencé par la saison 3. Ce qui n’est du reste pas très grave, puisque chaque épisode est totalement indépendant.

Black mirror est donc, à la manière par exemple de la Quatrième dimension, une série anthologique : chaque épisode illustre une manière dont notre société pourrait, à cause de la technologie et de sa place grandissante dans nos vies, devenir une dystopie. De manière générale, cela commence plutôt bien (pas toujours) et, illustrant la loi de Murphy (tout ce qui est susceptible de mal tourner tournera nécessairement mal) les choses dérapent. Nous sommes ainsi plongés dans une société hyper-connectée où les gens se notent les uns les autres et où ceux qui ont des notes très élevées, les « influenceurs », ont des avantages ; des tests de réalité virtuelle un peu trop réelle ; des hackers qui jouent aux Sims avec des personnes réelles en les faisant chanter ; un programme de thérapie par immersion nostalgique ; une télé-réalité devenue la vraie vie ; une puce qui enregistre tout ce qu’on voit comme une caméra ; un parc d’attraction où les coupables de crimes sont châtiés de manière exemplaire (et qui n’est pas sans rappeler l’Enfer selon saint Lucifer)…

L’ensemble est évidemment très déstabilisant et angoissant, pour tout dire orwellien, et suscite évidemment nombre de réflexions sur les effets pervers de la technologie : souvent, ici, l’Enfer est pavé de bonnes intentions, et la catastrophe naît d’une invention à l’origine plutôt intéressante. Après, il est clair que les épisodes sont inégaux : certains sont magistraux, d’autres assez moyens. En outre, j’avoue que je n’ai toujours pas compris en quoi par exemple San Junipero était dystopique — et La Chasse, j’ai beau comprendre intellectuellement le problème, quand j’ai compris de quoi il s’agissait j’ai trouvé ça profondément jouissif.

Bref, une excellente série (voire mini-série car il y a peu d’épisodes à chaque fois) : jetez-vous dessus si vous ne l’avez pas encore vue !

Black mirror
Charlie Brooker
Netflix, 2011 – en cours de production

14 réflexions sur “Black Mirror, de Charlie Brooker

  1. J’adore cette série ! Mes préférés sont « 15 millions de mérite », « Retour sur image » et « Chute libre ». La technologie qui dégénère c’est passionnant ^^ Par contre je ne classerai pas forcément les épisodes dans le genre de la dystopie. C’est plutôt de l’anticipation, une façon de s’interroger sur les nouvelles technologies et leurs conséquences. D’où le côté plus particulier de « San Junipero » je pense… En tout cas j’ai trop hâte de voir la saison 4 🙂

    Aimé par 2 people

  2. J’ai trouvé les épisodes inégaux en qualité (ou alors certains ne provoquaient pas de réaction spécifique chez moi), mais dans l’ensemble, cette série est tout simplement géniale. L’anticipation qu’elle met en relief fait froid dans le dos. Alors, ces nouvelles technologies feront-elles de nous des esclaves ou non ?

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