Elle regarde la télé

Les Kennedy, de Jon Cassar

Les Kennedy, de Jon CassarLe prix de la liberté est toujours élevé, mais l’Amérique a toujours payé ce prix. Et il est un seul chemin que nous ne suivrons jamais : celui de la capitulation et de la soumission. (…) Notre but n’est pas la victoire de la force mais la défense du droit. Il n’est pas la paix aux dépens de la liberté, mais la paix et la liberté dans cet hémisphère et, nous l’espérons, dans le monde entier. Avec l’aide de Dieu, nous atteindrons ce but. (Discours du Président Kennedy sur la crise de Cuba)

Après la famille royale britannique, j’ai eu envie de m’intéresser d’un peu plus près à ce qui est presque également une famille royale, Les Kennedy, avec cette mini-série canadienne qui date de 2011 mais que je n’avais pas encore eu l’occasion de regarder (on n’a pas des vies faciles).

L’histoire commence (avec quelques flash-back) la veille des élections de 1960 qui verront l’élection de John Fitzgerald Kennedy au poste de 37e président des Etats-Unis, et nous mène jusqu’à son assassinat à Dallas en 1963 (avec quelques flash-forward, notamment l’assassinat de Bobby et le remariage de Jacky) : trois ans de présidence, d’histoire des Etats-Unis, et du monde.

Fascinante dès les premières minutes (et le très beau générique), la série mêle habilement le privé et le politique : c’est avant tout l’histoire d’une famille, d’un clan, au sein duquel John n’est pas a priori celui sur lequel se portent les espoirs du patriarche ; tout, pourtant, vient de lui, Joe Kennedy, et de sa volonté de revanche. Tout cet aspect familial est passionnant, avec des personnages souvent très complexes : si Rose Kennedy est une bigote moralisatrice absolument imbuvable, Joe, qui ne vaut guère mieux a priori dans son côté machiavelique, finit pourtant, par moment, par être attachant. Le plus sympathique est Bobby (comme dans Dallas) mais ce sont bien sûr les figures de John (formidablement interprété par Greg Kinnear) et Jackie (beaucoup moins formidablement interprétée selon moi par Katie Holmes, qui manque de charisme pour le personnage) qui sont au centre du système : couple mythique, ils sont très attachés l’un à l’autre, ce qui n’empêche pas les difficultés liées à l’addiction sexuelle de JFK (même si l’épisode Monroe est peu développé).

Mais ce qui m’a surtout intéressée dans cette série, c’est la dimension politique et historique : si au début l’accent est mis sur l’ascension et la campagne électorale, ce qui compte c’est la manière dont finalement avec JFK un monde nouveau est en train de naître, avec une nouvelle génération qui s’oppose à la vieille garde incarnée par Hoover, prête à tout pour que rien ne change : peut-être que la série est un peu hagiographique sur ce point, mais on voit tout de même combien l’essentiel, pour Kennedy, c’est la lutte pour la liberté et la paix contre la monstruosité communiste à l’extérieur, pour les droits civiques à l’intérieur — même si l’Enfer est parfois pavé de bonnes intentions ; les principaux événements retenus par l’histoire de son court mandat vont tous dans ce sens : la baie des cochons, le mur de Berlin, la lutte pour les droits civiques des noirs, la crise des missiles de Cuba.

Une bonne série, intéressante et instructive, qui manque néanmoins un peu de scénarisation, et aurait sans doute mérité 2 ou 3 épisodes de plus pour creuser davantage certains points et éviter quelques approximations : par exemple, je trouve que le mystère de l’assassinat est un peu trop rapidement balayé.

Les Kennedy
Jon CASSAR
2011

(3 commentaires)

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