Elle regarde la télé

The Crown, de Stephen Daldry et Peter Morgan

The Crown, de Peter MorganGod save the Queen !

Une des séries dont on a le plus parlé cette année, et que j’avais très envie de voir, même si j’étais tout de même un peu sceptique sur le fait que la vie d’Elisabeth II soit riche et passionnante au point qu’on lui consacre une série.

Cela aurait pu s’appeler Les jeunes années d’une reine, mais c’était déjà pris, et pourtant, c’est bien de cela dont il s’agit, dans cette première saison en tout cas, qui nous permet de suivre Elisabeth de son mariage avec Philip au renoncement de Margaret à son grand amour Peter Townsend.

Tout l’intérêt de la série est dans la tension permanente entre le public et le privé, la raison et le coeur : si on a l’impression qu’Elisabeth II a toujours été la vieille dame qu’on connaît (en tout cas si on est jeune), la série construit petit à petit l’image d’une femme attachante et émouvante, pour qui on finit par se prendre d’affection. Devenue reine très jeune, elle doit finalement se battre pour s’affirmer, face au protocole et à ses conseillers (et notamment l’imbuvable Tommy, que j’aurais très très vite remis à sa place parce que si un jour on me donne une couronne ça ne sera pas pour qu’on me dise ce que je dois faire et de qui je dois m’entourer), face à sa mère (une insupportable bigote — j’ai détesté Queen mum à partir du jour où j’ai lu je ne sais plus où un article racontant son attitude envers Wallis Simpson), apprendre à supporter le poids trop lourd (au sens propre comme symbolique) de la couronne, tout en ménageant son mari, là encore un personnage très intéressant et tout en nuances.

Finalement, la série nous plonge au coeur d’un quotidien bien loin d’un conte de fées, et nous permet au passage d’apprendre des choses (en espérant que la série soit un minimum fidèle avec l’histoire), dont certains faits que je ne connaissais pas ou mal : Elisabeth qui se bat pour que ses enfants portent le nom de son mari, toute la préparation du couronnement, ce vieux roublard de Churchill, et le truc éminemment romanesque de l’histoire : Margaret et Peter Townsend. J’avoue, je connaissais très mal cette histoire et en avais une image très monolithique notamment en ce qui concerne le rôle de la Reine, beaucoup plus nuancé que ce que je croyais. Mais Margaret, la princesse rebelle, reste mon personnage préféré : elle essaie de trouver sa place, même si elle est la grande sacrifiée de l’histoire, tout comme d’ailleurs le duc de Windsor, pas toujours bien traité et qui, pourtant, a toute ma sympathie pour le choix qu’il a fait : le refus du sacrifice de l’amour face à l’intolérance de la religion.

Une très belle série, aux scènes souvent grandioses, à voir !

The Crown
Stephen DALDRY et Peter MORGAN
Netflix, 2016 (en cours de production)

(11 commentaires)

  1. Je suis plutôt d’accord avec votre critique mais je ne suis pas d’accord sur la celle de la reine mère. Cette dernière avait ses raisons de détester Wallis Simpson. Elle n’a, en effet, jamais respecter son mari, George VI qu’elle n’appelait même pas sa majesté. Elle se moquait ouvertement d’elle et du bégaiement de George VI. Et son mari, Edouard VIII, n’était pas non plus un pauvre enfant de chœur qu’il faut plaindre parce qu’il a sacrifié son trône par amour. Il avait largement à y gagner, surtout financièrement car il a fait en sorte d’avoir une belle rente, et en plus il a dit que ça le dérangerait pas de devenir Roi si l’Allemagne nazie envahissait le Royaume-Uni. Wallis et Edouard Windsor étaient ouvertement des sympathisants nazis et n’étaient en rien des personnes qui méritaient une grande affection, car ils trahissaient le gouvernement de George VI en faisant cela. De plus, la reine mère n’était justement pas censés devenir reine. Elle a aussi dû endosser le fardeau du trône avec son mari, qu’elle devait soutenir plus que tout. Elle a souffert de cela, comme son mari. Le poids du trône a d’ailleurs prématurément tué George VI qui fumait beaucoup par stress. C’est pour moi certes une femme difficile et de caractère mais Wallis Simpson n’est pas mieux qu’elle! Au contraire.

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