Elle lit des romans

Les Retrouvailles, d’Olivier Maulin

Les Retrouvailles, d'Olivier MaulinDrôle de week-end en perspective. Trois mois auparavant un vieux copain de fac l’avait contacté par le réseau Facebook. Laurent venait de créer son compte, engrangeait les « amis ». Il passait ses soirées à taper le nom de connaissances perdues de vue. Curiosité ? Peut-être. Autre chose aussi si on fouillait un peu. Comme tout le monde, sa vie était un peu monotone. Pas ennuyeuse, ni pénible, ni désespérante ; non, juste un peu monotone. Boulot, famille, week-end, cinéma, dîners entre amis, le lot commun. Sans compter une femme dont il s’était progressivement éloigné. Et comme tout le monde, c’est dans le passé que Laurent avait tendance à rechercher le moyen de rendre cette vie un peu moins monotone. Il avait commencé par taper le nom d’anciennes petites amies, en avait retrouvé deux, mariées, des enfants, des photos de week-ends sur l’île de Ré. Pourquoi cela le déprimait-il autant ?

Faut-il chercher à renouer avec le passé — et avec les gens du passé ?

Laurent a accepté l’invitation de son vieux copain de prépa, et accompagné de sa femme et de ses deux enfants il se rend pour le week-end dans une vieille bâtisse nichée au coeur des montagnes, ancienne colonie de vacances désaffectée où on n’accède plus que par télésiège et motoneige. Il y a là toute la famille d’Aubert : son ami Michel et sa femme, son jeune frère Yvon, leur hôte, et sa compagne Maud, et leur soeur Flore, accompagnée de son mari. Flore, son premier amour. Très vite, l’alcool et l’isolement aidant, le week-end se transforme en cauchemar…

Au début, on croit lire un roman très bien fait mais somme toute assez classique sur la crise du milieu de vie, les retrouvailles avec les gens du passé, saupoudré d’un soupçon de lutte des classes : si les d’Aubert sont de grands bourgeois riches et cultivés, animés par un évident sentiment de supériorité, Laurent lui est un fils de maçon immigré, qui s’est fait tout seul et qui, s’il a réussi dans la vie et exerce un métier rémunérateur à défaut d’être passionnant, ne peut s’empêcher lui de se sentir inférieur. On pourrait se demander d’ailleurs pourquoi, animé d’un tel sentiment,  il se rend sur place (serait-il masochiste ?), n’était Flore et se sentiment bien humain de vouloir se revitaliser à la source de son premier amour, un amour pur et romantique. Bref, tout cela est très bien, mais rapidement le roman prend un nouveau tour, quelque chose qui mêlerait Agatha Christie et Stephen King : un vieux bâtiment sinistre et désolé aux volets qui claquent, l’isolement total dans les montagnes, la tempête qui gronde, les sentiments dont la violence monte d’heure en heure : le roman sociologique se fait thriller, et la fin m’a laissée… bouche bée !

A lire d’une traite, vous serez surpris !

Les Retrouvailles
Olivier MAULIN
Editions du Rocher, 2017

(16 commentaires)

  1. Je ne sais pas pourquoi mais j’ai un peu de mal avec les huis-clos de ce genre… Ou bien est-ce les retrouvailles entre amis qui m’agacent?… Je fuis général tous les bouquins qui parlent d’une bande de copains.

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  2. ma foi..l’histoire du type qui tape le nom des anciennes maitresses dans les méandres de Fb okay j’aime 😉 mais in fine vous me donnez envie et pas envie rhaaa .. curieuse impression de frustration ! il y a du sang ou pas… ? 😀

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