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America, par François Busnel

Nouveaux magazines : America et Enjoy life with styleA l’ère du buzz, de la rumeur considérée comme une information, de la pensée ramenée à un slogan, des généralisations hâtives, des analyses d’experts qui ne mettent plus les pieds sur le terrain et de ce que les séides du nouveau Grand Sachem américain ont baptisé « faits alternatifs », bref, à l’heure où nos repères volent en éclat, il nous a semblé nécessaire de retrouver le temps long de l’enquête et du reportage. Nous avons donc proposé aux écrivains de devenir les mémorialistes de cet étrange règne.

Evidemment, dès que François Busnel propose quelque chose de nouveau, je me précipite. America, son dernier projet en date, n’a donc pas fait exception à cette règle gravée dans le marbre.

America est un mook, c’est-à-dire une parution à mi-chemin entre la revue et le livre, proposée par François Busnel, donc, en collaboration avec « Le 1 » et Eric Fottorino. Trimestriel, il ne paraîtra que pendant 4 ans, soit le mandat de Donald Trump. L’idée ? Des reportages, des enquêtes, des grands entretiens, des chroniques, signés par de grands écrivains français et américains, et qui donnent leur vision de l’Amérique, qui n’est pas celle de Trump. On trouve ainsi un grand entretien avec Toni Morrison, une très belle interview d’Obama sur la littérature, une visite de LA avec Alain Mabanckou… mais aussi une nouvelle inédite de Francis Scott Fitzgerald, un extrait du prochain Jay McInerney, un dossier sur Moby Dick, et les chroniques d’Olivia de Lamberterie et d’Augustin Trapenard. Et tant de choses encore !

Il est indéniable que nous avons affaire à une revue d’une extraordinaire richesse : les angles et les sujets sont variés, mais les articles sont tous conduits par la volonté d’apprendre et de laisser la parole à des gens intelligents et inspirants ; chaque sujet est longuement traité, développé, et on apprend vraiment beaucoup de choses : je recommande donc sans aucune réserve (même pas concernant le prix car très franchement, elle les vaut largement) cette revue qui permet de résister par la culture. Parce que, peut-être, dans le chaos actuel, seule la littérature peut nous sauver !

America – L’Amérique comme vous ne l’avez jamais lue
Trimestriel. 19€

18 réflexions sur “America, par François Busnel

  1. Quand j’ai vu cette revue en librairie, j’étais certaine que tu allais la chroniquer. Je l’ai feuilletée mais elle ne m’a pas donné envie de l’acheter : beaucoup de photos (belles certes, mais rien de bien original) et des auteurs et chroniqueurs bien installés, dont j’imagine le propos prévisible… mais peut-être que je me trompe : tu sais que mes a priori envers François Busnel sont à l’exact inverse des tiens 🙂

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  2. Je ne sais pas si je pourrai trouver cette publication à Montréal… je demeurerai en alerte.
    Toutefois, après avoir passé un total de 191 jours aux EU, au cours de trois voyages, dans trois directions différentes, j’ai constaté des dimensions très différentes de la vie quotidienne de ce peuple que celles que nous transmettent les médias de masse traditionnels, une industrie très concentrée, sous le contrôle d’une demie douzaine d’oligarques, pas indépendants du tout.
    Il y a plusieurs Amériques, pas uniquement celle des élites politiques, financières, médiatiques et de l’industrie de la culture. L’autre Amérique, celle qu’on ne veut pas entendre, celle que Clinton qualifiait de « pitoyable », souffre. Trump est en train de la trahir, lui aussi. Et voilà que l’élite l’applaudit depuis qu’il a compris qu’il ne pouvait pas mettre au pas ceux qui manipulent les marionnettes en coulisse derrière les rideaux. Il est train de devenir leur marionnette.
    L’Amérique n’a pas changé tellement depuis la publication de The Iron Heel ( Le talon de fer ) de Jack London, il y a plus de cent ans, ou de celle que Charles Dickens a décrit dans son récit de voyage ( American Notes, voir l’article en français sur ce livre dans Wikipédia ) il y a 175 ans. La vision de l’Amérique que Simone de Beauvoir a perçue dans son récit de voyage, l’Amérique au jour le jour, est toujours d’actualité ; idem pour le témoignage de John Steinbeck dans son Travels with Charlie ( 1960 ), et de Henry Miller dans The Air-Conditioned Nightmare ( publié à son retour aux EU, au début des années 40, après un exil de 10 ans en Europe ). Aucune complaisance dans tous ces textes.

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