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De la joie d’être bordélique, de Jennifer McCartney

De la joie d'être bordéliqueLibérez-vous des chaînes de l’ordre et triomphez des forces (barbantes) de l’uniformité et du prévisible. Toutes les maisons bien rangées se ressemblent — particulièrement lorsqu’il ne reste plus rien à l’intérieur —, alors qu’un foyer bordélique… Voilà une meilleure façon de vivre !

Rebelle un jour, rebelle toujours ! De même que je résiste vaillamment à la déferlante du veggie, sans gluten, sans alcool, sans gras, sans sucre, sans sel, sans goût quoi, j’ai toujours regardé les adeptes de la méthode du rangement du gourou Marie Kondo comme de dangereuses psychopathes (je veux dire, les vraies membres de la secte, pas celles qui y ont juste pioché quelques idées) : la perspective de vider mon appartement de tout ce qui « l’encombre », en vrai lui donne sa personnalité et le fait vivre, m’horrifie littéralement, surtout lorsqu’en plus on nous fait croire que vivre dans une cellule de moine bouddhiste fera des miracles sur tous les autres aspects de notre existence. Moi, j’aime qu’il y ait de la vie, des centaines de livres dans les bibliothèques, des bibelots sur les étagères, que mon dressing déborde de vêtements ; il y a toujours plein de trucs sur ma table basse, une tasse à café qui traîne sur mon bureau au milieu des papiers, mon plan de travail est une exposition d’art contemporain… et j’aime ça !

Alors, quand je suis tombée sur ce livre, je me suis dit avec joie que je n’étais pas la seule résistante à l’aseptisation du quotidien !

Il s’agit donc d’un anti-manuel de développement personnel, dont la cible principale est la grande prêtresse du vide, mais pas la seule : l’idée est de lutter contre tous les gourous qui nous poussent à aller à l’encontre de notre nature profonde, et partant nous démoralisent complètement. Le mot d’ordre ici ? La liberté, qui engendre la créativité !

Au-delà de l’aspect drôlissime, ce petit guide parodique propose une vraie réflexion sur la mode du développement personnel qui, à l’instar des sectes et autres religions ne propose en fait que du prêt-à-penser facile, et proposent de résoudre tous les problèmes d’un claquement de doigt ; comme des enfants, les gens ont besoin de guides pour leur dire ce qu’ils doivent faire et comment, quand bien même cela irait à l’encontre de leur nature profonde — ce qui engendre, finalement, mal-être et culpabilité. L’auteure les parodie donc allègrement, en nous promettant une vie meilleure grâce au bordel.

C’est, de fait, totalement déculpabilisant (enfin, j’imagine, le gène culpabilité a été oublié lors de ma fabrication) : nous ne sommes pas des robots sans âmes, et si nos maisons ne sont pas toujours bien rangées, c’est que nous y vivons, que nous attachons une valeur sentimentale aux choses, que nous sommes des êtres humains, imparfaits parce que vivants. Alors bien sûr, il ne s’agit pas de tomber dans l’excès pathologique inverse et d’accumuler tant et plus. Il s’agit juste, en fait, de ne pas céder aux sirènes du minimalisme surtout s’il ne nous convient pas : moi-même je suis adepte du Bujo mais juste parce que ça m’aide vraiment, j’ai profité du déménagement pour désencombrer franchement et j’ai jeté pas mal de chose mais enfin, en restant raisonnable, et d’ailleurs, petit à petit, le désordre se réinstalle un peu, quoi que je fasse, et c’est peut-être finalement tant mieux !

Alors, merci Jennifer McCartney !

De la joie d’être bordélique
Jennifer McCARTNEY
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Alexandra Maillard
Mazarine, 2017

(14 commentaires)

  1. Quelle joie! Je vais moi aussi me sentir moins coupable de laisser un peu de désordre ici et là… alors qu’on m’a toujours répété qu’il fallait que je range, dès que je prenais quelque chose! Trop de rangement, tue le rangement, et notre intérieur devient vite froid! Comme tu dis, il faut que ça vive.

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  2. Ah, ça, c’est un roman pour moi ! Car chez moi, y’a de la vie ! En plus avec 3 chats, je ne te raconte pas.
    Au collège, j’allais prendre des cours particuliers de math chez ma prof, MMe « Delsine ». Chez elle, rien ne débordait, rien ne traînait, rien de dépassait. pas un grain de poussière rien… depuis, dans la famille on a cette expression qui fait partie de notre patrimoine familial « une maison à la Mme Delsine » !

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  3. Je me méfie terriblement de tout ce qui est trop rigide….. J’essaye de moins consommer, de mieux consommer. Je n’aime pas être submergée par les objets mais j’aime habiter ds un endroit chaleureux ou l’on sent la vie, la joie et oui parfois le bordel. Alors comme souvent la vérité est au milieu de toutes ces theories

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  4. Ah voilà qui me rassure ! Parce que cette mode du tout rangé, tout aseptisé, tout paramétré, ça me saoule un peu ! Mes placards débordent et je n’ai pas du tout envie de me retrouver avec une mini garde-robe, ni de me défaire de mes vieux bouquins, de boites souvenirs, de papiers, de gadgets ou des cadeaux poussiéreux de mes enfants… Dire qu’il y a même des gens qui font du rangement un métier, ça me semble hallucinant ! Alors même si je suis loin d’être bordélique, je revendique un doux bazar accueillant !

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  5. je croyais aimer l’ accumulation mais aujourd’hui je change et j’ai besoin de vide… Donc je commence, à ma grande surprise, à devenir une psychopathe qui trie 😨 et fait le vide. et mon dieu que ça fait du bien. donc tant qu’il y a du plaisir… 😉

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