Romans

Pamela, de Stéphanie des Horts

PamelaSa voix est grave, sensuelle. Elle est brillante, vive et si gaie, c’est une hôtesse remarquable. Ce qu’elle aime, ce sont les hommes et le pouvoir qu’ils détiennent. Ses hommes. Randolph lui a donné un nom, un fils aussi. Averell lui a appris l’amour le plus pur, le plus profond. Ed, c’était la vie, le présent. Et puis il y a eu Ali, l’exotisme, Gianni et la passion, Elie et l’élégance. Il y a eu Leland et la sérénité, et puis quelques autres qui ont moins compté, Druon, Sinatra, Niárchos… Et ceux que l’on suppose, mais dont on n’ose souffler le nom. Tout de même, comment aurait-elle pu laisser passer deux beaux gosses comme Bill Clinton et Jacques Chirac…

Il y a quelque temps, j’avais lu un article sur Pamela Churchill-Harriman, et j’avais été fascinée par le parcours de cette femme qui tout au long de sa vie a multiplié les amants riches et célèbres sans se soucier des bien-pensants, et qui a poussé le chic jusqu’à mourir dans la piscine du Ritz, à Paris. Une véritable héroïne de roman, et j’étais donc très curieuse d’en savoir plus grâce au livre que lui consacre Stéphanie des Horts.

Le roman s’ouvre alors que Pamela, fraîchement divorcée de Randolph Churchill, cherche un bon parti pour se remarier. Mais celui sur lequel elle a jeté son dévolu, Ali Khan, son amant, s’affiche avec Rita Hayworth — un mal pour un bien : alors qu’elle attend le traître chez lui pour lui demander des comptes, apparaît Gianni Agnelli. A partir de là, le roman reprend un fil chronologique et déroule la vie de Pamela, de son entrée dans le monde à sa mort…

Quelle femme ! Une véritable tornade rousse, chic et aristocrate, séductrice en diable, qui aime le sexe, les hommes, l’argent, le luxe, le pouvoir — de préférence tout en même temps. Certains l’ont qualifiée de courtisane, d’autres, moins polis, carrément de pute, mais c’est parce qu’elle est avant tout une femme libre, ambitieuse et intelligente, ce qui fait beaucoup, d’autant que pour couronner le tout elle se moque bien de ce que l’on pense d’elle et de ceux qui l’insultent. Alors oui, elle se sert des hommes pour conquérir le pouvoir — mais pas plus qu’ils ne servent d’elle pour accéder à la haute-société et à son cher Winston Churchill, qui l’adorait. Mais elle a aimé passionnément, aussi, certains plus que d’autres, il est vrai, et alors ? La liste de ses amants et maris ressemble à la guest-list d’une soirée huppée : Randolph Churchill, Ali Khan, Gianni Agnelli, Stavros Niárchos, Élie de Rothschild, Maurice Druon, Frank Sinatra, Averell Harriman… Ils lui on fait mener une vie passionnante, une vie inimitable : au nom de quoi aurait-elle dû refuser ?

J’ai été passionnée par ce livre, qui tient plus du roman exofictionnel que de la biographie car il nous plonge parfois dans les pensées de Pamela au risque de déformer la vérité. La seule chose que je lui reproche, c’est qu’il n’est pas toujours très bien écrit, certains passages sont trop familiers pour coller vraiment à l’ambiance et le style est parfois maladroit. Dommage, car la vie de Pamela est vraiment fascinante, du coup, je recommande tout de même chaudement !

Pamela
Stéphanie DES HORTS
Albin Michel, 2017

15 réflexions sur “Pamela, de Stéphanie des Horts

  1. okay mais ce qui me gène c’est le manque d’interêt notoire de cette femme pour son fils ( élevé par une gouvernante ) et il en a énormément souffert jusqu’à sa notoriété.
    Il est démontré qu’elle a bien « profité » de celle çi du reste et c’est pas franchement remarquable !

    J'aime

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