Elle se promène

Le musée Gustave Moreau

Musée Gustave MoreauGustave Moreau est un peintre pour qui j’éprouve une fascination absolue. Je possède nombre de monographies sur ses tableaux, j’ai moi-même beaucoup travaillé sur sa peinture au cours de mes recherches universitaires (et notamment bien sûr sur ses diverses Salomé), et le musée qui lui est consacré a constitué ma première visite la première fois que je me suis rendue seule à Paris. C’était il y a fort, fort longtemps, et je n’y étais jamais revenue depuis — il faut dire que mes tableaux préférés n’y sont pas, et que je n’avais de toute façon guère le temps.

Mais là, j’avais besoin d’inspiration, de fascination, d’onirisme et de décadence, et puis pour de sombres raisons d’organisation je suis allée à Paris un lundi, et beaucoup de lieux sont fermés. Un signe ? N’allons pas si loin. Mais tout de même.

Le musée est situé dans l’ancienne maison et atelier du peintre, qu’il a décidé en 1897 de léguer, avec tout ce qu’il contient, et notamment les tableaux et dessins, à condition « de garder toujours […] ou au moins aussi longtemps que possible, cette collection, en lui conservant ce caractère d’ensemble qui permette toujours de constater la somme de travail et d’efforts de l’artiste pendant sa vie ». 3 étages constituent l’ensemble : au rez-de-chaussée, de petites salles où sont accrochés une foule de tableaux donnant une idée de la variété du travail de Moreau. Le premier étage était consacré aux pièces d’habitation : le salon de réception, la chambre, un boudoir… Mais le plus fascinant est bien sûr l’atelier, qui occupe en duplex toute la surface des deux étages supérieurs, et où sont visibles ses oeuvres les plus monumentales.

Evidemment, lorsque comme moi on voue un culte sans bornes à ce peintre et que l’on connaît plutôt bien son oeuvre, on est au Paradis (surtout dans l’atelier). Ce que j’aime chez lui, c’est le syncrétisme des inspirations, le mélange des influences* : Inde, Moyen-Orient, Japon… les lieux ne sont pas réels ni réalistes, mais fantasmés, et chez lui même les peintures bibliques ont quelque chose de païen : il n’y a qu’à voir le palais d’Hérode où danse Salomé, et qui a plus des allures de temple où se joue une cérémonie initiatique qu’à une salle de banquet.

Ce qui est intéressant dans ce musée, outre que les oeuvres ne sont pas saupoudrées comme à Orsay et que cela permet pleinement de prendre conscience de la fascination de Moreau pour l’Eternel Féminin et la femme fatale (Moreau avait un rapport très complexe aux femmes), c’est en tant que maison d’artiste il permet aussi de voir comment vivait le peintre : les pièces à vivre sont minuscules, alors que l’atelier est immense et lumineux. On voit où étaient ses priorités.

Seule chose que je trouve dommage : dans les pièces du bas, les oeuvres sont très mal mises en valeur et on ne peut pas bien en profiter !

Musée national Gustave Moreau
14 rue de La Rochefoucauld
75009 Paris

* Si vous voulez en savoir plus, je vous renvoie à mon article « Orient chez Gustave Moreau » dans le Dictionnaire des lieux et pays mythiques (Robert Laffont, Bouquins, 2011)

6 réflexions sur “Le musée Gustave Moreau

  1. Visité l’avant-dernière fois où nous sommes allés à Paris. Je ne connaissais pas le peintre, c’est le hasard qui nous a mené, mais j’ai adoré, notamment l’atelier !

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  2. Un musée où il n’y a pas grand-monde et où on peut passer des heures à regarder tous les dessins et les peintures…

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