récits et chroniques

People Bazaar, de Jean-Pierre de Lucovitch

People BazaarParfois, les idées folles de Jean Castel rejoignent, sans qu’il s’en doute, le meilleur de Dada et du surréalisme. « Je supprimerais la Tour Eiffel que je trouve très ringarde. A la place, je mettrais un gigantesque monument aux vivants sur lequel on inscrirait les noms de tous les Parisiens vivants. A leur mort, on rayerait leur nom. Le 1er novembre, au lieu d’aller au cimetière, on irait se recueillir devant le nom rayé de sa belle-mère. »

Comme je suis un peu snob sur les bords (je l’ai déjà dit), je m’intéresse de très près à tout ce qui concerne les mondanités.

Dans ce livre, Jean-Pierre de Lucovitch, que Frédéric Beigbeder (qui s’y connaît) surnomme « la mémoire vivante de Saint-Germain-des-Prés », figure des nuits parisiennes, et qui fut chroniqueur pour Paris Match et Vogue Homme entre autre, raconte la vie mondaine telle qu’il l’a vécue des années 50 au années 2000, le tout illustré de nombreux documents inédits et photographie.

C’est peu de dire que cet ouvrage est passionnant. On y croise, au détour des pages, des gens aussi inspirants que Françoise Sagan, Woody Allen, Andy Warhol, François Truffaut, Jim Harrison, Georges Wolinski, David Lynch ou Patrick Modiano, entre nombreux autres ; on fréquente les hauts-lieux du tout Paris, chez Castel (le propriétaire se révélant au fil des pages assez fascinant), chez Régine, Lipp et le Flore, le Palace ; l’ensemble fourmille d’anecdotes souvent drôles, et qui nous donnent une autre image de tous ces gens, d’autant que Jean-Pierre de Lucovitch est aussi et avant tout leur ami. C’est aussi une petite histoire de la presse qui s’offre au lecteur, voyages de presse, reportages à l’étranger, notes de frais faramineuses, excès et caprices en tout genre, en tout cas dans les premières décennies. Mais, partout, quelque chose de fitzgéraldien, la fête comme art de vivre et comme esthétique, une insolence et une liberté, une insouciance, qui ont tendance à s’échapper aujourd’hui.

En courts chapitres, Jean-Pierre de Lucovitch nous invite avec lui dans un monde de paillettes et de lumières, qui loin d’être superficielles permettent au contraire de belles rencontres. Il se dégage alors un doux parfum de nostalgie. Mais peu importe : Paris est une fête !

People Bazaar. Souvenirs d’un infiltré dans le beau monde, 1950-2000
Jean-Pierre de LUCOVITCH
Séguier, 2016

6 réflexions sur “People Bazaar, de Jean-Pierre de Lucovitch

  1. Ho enfin quelqu’un qui trouve la Tour Eiffel ringarde !!! Depuis le temps que je le pense ! 😉 C’est vrai qu’il n’y a plus de roi » ou « reine » de la nuit actuellement, sans remonter jusqu’à Fitzgerald ^^ , ça fait une petite quinzaine d’années que ça s’est tassé…

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  2. Pingback: Beigbeder l’Incorrigible, d’Arnaud le Guern | Cultur'elle

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