Elle regarde la télé

The White Queen

The White QueenBut I don’t forget and I don’t forgive.

Encore une fois, je dois cette découverte à la fonction Genius de l’Apple Store, qui s’est dit que cette mini-série de 10 épisodes, adaptation d’une trilogie de Philippa Gregory : The White QueenThe Red Queen et The Kingmaker’s Daughter ne pouvait que me plaire. Interdite aux moins de 18 ans, elle n’a été diffusée que sur OCS Max, et c’est bien dommage.

Angleterre, 1464. La guerre des deux roses fait rage depuis 9 ans lorsque l’héritier des York monte sur le trône sous le nom d’Edward IV. Elisabeth Woodville, dont le mari vient d’être tué et dont la famille a combattu dans le camp des Lancastre, implore le nouveau Roi de rendre leurs terres à ses jeunes enfants. Mais contre toute attente, ils tombent amoureux…

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’on ne s’ennuie pas une seconde dans cette série aux décors et aux costumes somptueux, qui nous entraîne dans une période de l’histoire de l’Angleterre qu’on ne connaît pas forcément bien même si on a lu Shakespeare. Violente, cruelle, très charnelle aussi : les scènes de bataille et d’exécution, épiques et sanglantes, abondent, tout comme les scènes de sexe extrêmement sensuelles. Eros et thanatos. Ce qui est en jeu, c’est bien sûr une réflexion sur le pouvoir, mais ce qui est intéressant c’est qu’il est vu à travers le prisme des femmes, car, finalement, ce sont elles qui sont maîtresses du jeu et qui font les rois. Trois sont particulièrement mises en avant : la Reine Blanche, Elisabeth, femme d’Edward, héritière d’une lignée de sorcières, ce qui donne à l’ensemble un petit côté Dame du Lac. La Reine Rouge, Margaret Beaufort, dont la seule obsession est de voir son fils Henri Tudor roi ; elle est complètement piquée, passe son temps à prier et demander des signes à Dieu, mais ne manque pas d’un certain panache. La fille du faiseur de Rois, Anne Neville, qui de jeune fille timide finit par elle aussi devenir obsédée par l’idée d’être Reine.

L’ensemble est éminemment tragique dans sa réflexion sur le pouvoir et de ce qu’il fait aux hommes : des destins broyés par l’obsession de monter sur le trône ou d’y faire monter son enfant, des gamines vendues comme des bêtes, des enfants mariés alors qu’ils ne sont que des bébés, des enfants assassinés. Aucun des personnages, finalement, ne tire son épingle du jeu, parce que tous, à un moment, sont monstrueux, même ceux qui a priori étaient plutôt sains d’esprit deviennent fou dès qu’ils approchent le trône de trop près, changent de camp à tout bout de champ, trahissent et assassinent. Et, pourtant, ils ont beau être monstrueux, ils sont tous, aussi, parfois, touchants et émouvants. Héros tragiques, leur destin suscite en nous terreur et pitié. Ils m’ont fait horreur mais j’ai aussi, souvent, versé quelques larmes, notamment lors de la bataille finale. Et j’avoue un crush coupable pour le personnage de Warwick, totalement ignoble mais…

Alors c’est parfois difficile à suivre, d’abord parce qu’il y a des ellipses et surtout parce que je ne sais pas vous mais moi, je ne suis pas spécialiste de l’histoire de l’Angleterre qui a en outre ce défaut d’être encore plus embrouillée que l’histoire de France, surtout à cette période donc où ils s’entretuent entre membre de la même famille. Du coup j’ai dû faire un arbre généalogique pour suivre plus facilement.

Mais je conseille vraiment cette série, absolument fascinante et shakespearienne !

The White Queen
BBC One/Starz
2013

(6 commentaires)

  1. Rebecca Ferguson, Faye Marsay et Amanda Hale sont génialissimes là-dedans, j’ai personnellement crushé grave sur Richard (et Edward aussi parce qu’il faudrait être difficile, mais quand même surtout Richard), et la fin de George est peut-être, historiquement, la meilleure de toute l’histoire des royautés européennes. J’aurais pu faire sans les petits bouts de sorcellerie, ceci dit.

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  2. Ton avis, et le thème de cette série me plait beaucoup. Je vais essayer de la dénicher mais je ne suis pas certaine de la trouver facilement (je suis abonnée à Netflix Irlande). En tout cas, je garde ce titre en mémoire pour plus tard. 🙂

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