récits et chroniques

Deux ou trois leçons de snobisme, d’Eric Neuhoff

Deux ou trois leçons de snobismeSomme toute, le snobisme constitue un rempart assez solide contre la barbarie. Il y a des choses que certains ne pourront jamais comprendre. Allez leur expliquer le goût inimitable d’un gin tonique quand le soir tombe sur la Mediterranée, le délice que c’est d’être à l’arrière d’un taxi parisien qui remonte les rues de la nuit, de voir la neige tomber un matin sur le pont Alexandre-III.
La vie est faite pour relire des Pléiade dans des maisons de campagne en hiver, revoir des films de Claude Sautet en Blue-ray, s’acheter des chaussettes en double dans une boutique de Jermyn Street (en revanche, jamais de demi-bouteille au restaurant), aimer la villa Malaparte à Capri.

Ne lisant pas le Figaro, je n’ai pas tellement l’occasion de savourer la prose d’Eric Neuhoff. Mais là, forcément, ayant entre autres défauts (mais en est-ce bien un ?) d’être un peu snob, je n’ai pas pu résister à ce recueil de chroniques, justement parues à l’origine dans le Figaro Magazine, dans lesquels Neuhoff, tel un Thackeray moderne, nous fait part de quelques snobismes…

Boire du champagne. Prolonger l’été en septembre. Choisir les bonnes chaussures. Eviter les tics de langage. Lire en Pléiade. Conduire une voiture qui a du style. Assumer son mauvais goût. Aller au festival de Deauville. Aimer Paris. Cultiver ses signes particuliers. Faire des listes. Assumer de vieillir. Aller dans les bars d’hôtels… tels sont quelques uns des 101 snobismes réunis dans ce recueil.

Le snobisme, c’est le contraire du bling-bling : c’est un véritable art de vivre, une manière d’habiter le monde, pas forcément dispendieuse, d’ailleurs. C’est ce que j’appelle parfois la Vie Inimitable. Une véritable exigence, éthique et esthétique, un certain purisme, une certaine nostalgie, aussi. Etre snob selon Neuhoff, c’est résister à la mode et cultiver un goût pour le passé, les vinyles, les vieux films, le vintage, les voitures, les séries… Oui, finalement, l’auteur parle plus de nostalgie que véritablement de snobisme, il y a même parfois dans certaines chronique un petit côté réac’ mais qui reste plaisant tant le style est vif et alerte, et souvent drôle. Poétique aussi : son éloge du champagne est une petite merveille. Neuhoff a également le bon goût d’évoquer le Cap-Ferret dès sa première chronique et ça, bien évidemment, cela ne pouvait que conquérir mon coeur, même si les cannelés ne sont pas ce que je trouve de plus notable chez Frédélian (je préfère leurs gaufres, mon fournisseur de cannelés étant Baillardran mais ça, c’est une question de goût) !

Bref, une lecture fort plaisante, au délicieux petit goût du passé, qui m’a donné une idée de petite série de chroniques que je commencerai bientôt !

Deux ou trois leçons de snobisme
Eric NEUHOFF
Ecriture, 2016

challenge12016br10% Rentrée Littéraire 2016 – 32/60
By Lea et Herisson

9 réflexions sur “Deux ou trois leçons de snobisme, d’Eric Neuhoff

  1. C’est tellement fragile le snobisme, on peut être totalement à côté en croyant être « in »… Ce dont tu parles ou plutôt Eric Neuhoff (que je n’affectionne pas plus que ça pourtant) tient surtout du bon goût… Mais tout cela est tellement subjectif ! 😉

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  2. Pingback: Aller à un cocktail en robe de cocktail | Cultur'elle

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