Elle aime le théâtre et l'opéra/Jeunesse

Harry Potter and the Cursed Child, de J. K. Rowling, John Tiffany & Jack Thorne

Harry Potter and the Cursed ChildDRACO. My father thought he was protecting me. Most of the time. I think you have to make a choice — at a certain point — of the man you want to be. And I tell you that at that time you need a parent or a friend. And if you’ve learnt to hate your parent by then and you have no friends… then you’re all alone. And being alone — that’s so hard. I was alone. And it sent me to a truly dark place. For a long time. Tom Riddle was also a lonely child. You may not understand that Harry, but I do — and I think Ginny does too […] Tom Riddle didn’t emerge from his dark place. And so Tom Riddle became Lord Voldemort. Maybe the black cloud Bane saw was Albus’s loneliness. His pain. His hatred. Don’t loose the boy. You’ll regret it.

Laissons un peu la rentrée littéraire de côté pour aujourd’hui, et replongeons nous dans le monde magique d’Harry Potter. J’étais bien évidemment très curieuse de découvrir cette nouvelle histoire, tout en restant un peu inquiète, car je n’étais pas sûre d’y retrouver la profondeur de l’oeuvre originale, même si J.K. Rowling, pour cette pièce, a travaillé en étroite collaboration avec le metteur en scène John Tiffany et le dramaturge Jack Thorne, qui signe le texte.

L’histoire commence au moment ou s’achève l’épilogue de Harry Potter et les Reliques de la Mort. Dans le Poudlard Express, Scorpius Malfoy et Albus Potter font connaissance, et deviennent immédiatement extrêmement proches, d’autant qu’Albus, comme il s’y attendait un peu, est envoyé à Serpentard. Si cette amitié indéfectible peut paraître étonnante, ce qui lie les deux enfants est plus fort que ce qui les sépare : un héritage familial beaucoup trop lourd à porter…

Quel bonheur de se replonger dans l’univers potterien. Malgré mes craintes, j’ai tout de suite adhéré à cette nouvelle histoire, pour la simple et bonne raison qu’elle parvient avec brio à restituer les thèmes essentiels de l’oeuvre originale. Albus et Scorpius ont du mal à être eux-mêmes, écrasés par l’héritage familial : l’un, glorieux, qui fait que l’enfant ne se sent pas à la hauteur de son père et a toujours l’impression de le décevoir ; l’autre, infamant, d’autant plus qu’une rumeur le dit fils de Voldemort. Cette pièce, c’est celle des erreurs des pères qui ont voulu sauver leurs fils de leur propre destin, mais ont commis des erreurs, surtout un. Draco devient ici un personnage extrêmement intéressant, qui a le côté ombrageux et colérique de son père, mais en a surtout pris les qualités essentielles : celles qui le conduisent à vouloir à tout prix protéger son fils, et le fait est que l’expérience l’aide à être beaucoup plus efficace, car il comprend beaucoup de choses bien avant tout le monde. Les deux enfants m’ont beaucoup émue. Et ce que la pièce parvient à retrouver, c’est cette réflexion profonde sur l’Amour et le Mal : l’Amour amoureux. L’Amour des parents pour leurs enfants. L’Amour des enfants pour leurs parents. Cette forme particulière d’Amour qu’est l’amitié, la plus belle preuve étant que Scorpius renonce à son royaume pour Albus (et pour Rose…).

L’autre grand enjeu de la pièce est le temps, et la possibilité de changer le passé. Je ne m’étendrai pas là-dessus parce que c’est difficile sans spoiler. Mais le fait est que j’étais un peu perplexe au départ. J’ai déjà expliqué les principes du voyage dans le temps ici et et il me semblait au départ que cela ne collait pas. Bon, les auteurs ont été assez malins pour que si… En tout cas, cette question met en valeur l’importance du choix, au coeur de la saga. Comme disait Dumbledore, ce ne sont pas nos capacités qui font ce que nous sommes, ce sont nos choix.

Mon regret, c’est l’absence de Lucius : pas pour de superficielles raisons de mancrushing (enfin, pas que), mais bien parce que l’enjeu central de cette pièce étant l’amour et notamment l’amour paternel, sa présence aurait pu apporter quelque chose. Mais je sais que J. K. Rowling n’aime pas Lucius (je me demande même si elle n’a pas un peu peur de ce que peut représenter le personnage), et c’est la raison pour laquelle elle a tendance à ne pas toujours en exploiter toutes les potentialités.

Je suis également un peu perplexe concernant la théâtralité, et je suis très curieuse de voir cette pièce sur scène (je suis au bord de m’offrir un week-end à Londres, mais les représentations sont complètes jusqu’en décembre), car je me demande bien comment certaines scènes sont possibles… Après, c’est somme toute assez shakespearien et les Anglais sont capables de tout !

Mais c’était vraiment un bonheur, d’autant que je l’ai lu en VO et que ça a dérouillé un peu mon anglais (c’est de l’anglais facile cela dit). Jetez-vous dessus !

Harry Potter and the Cursed Child
J. K. ROWLING, John TIFFANY & Jack THORNE
Little, Brown, 2016
La traduction française sortira chez Gallimard jeunesse le 14 octobre

Une lecture que je partage avec la douce Marion

17 réflexions sur “Harry Potter and the Cursed Child, de J. K. Rowling, John Tiffany & Jack Thorne

  1. Tu es un poil plus emballée que moi. Mais je comprends tout à fait pourquoi. Sur certains aspects je suis un peu dure avec la pièce…
    Même si globalement je l’ai quand même fortement appréciée.
    C’était un plaisir que de partager cette lecture avec toi 🙂

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  2. Pingback: Harry Potter and The Cursed Child – J.K. Rowling, Jack Thorne & John Tiffany – TWENTY THREE PEONIES

  3. Il paraît que sur scène c’est super ! Le théâtre s’est beaucoup modernisé, et du coup, dans « The Cursed Child » ils se permettent des scènes assez courtes, avec des changements rapides – avec les moyens technologiques d’aujourd’hui, j’imagine très bien les possibilités !
    La pièce coûte bonbon (sans compter hébergement et transports), mais je suis aussi à deux pas de craquer !

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