Elle se promène

Le Père Lachaise littéraire

Je n’étais jamais allée au Père Lachaise. Nonobstant qu’il est situé dans un coin de Paris où je ne vais absolument jamais, j’ai toujours trouvé étrange l’idée de me promener dans un cimetière. Alors même que je vais de temps en temps au Panthéon, mais vous le savez, je ne suis pas très cohérente comme fille. Mais l’autre jour, mon interview de Gaël Faye avait lieu dans le quartier Gambetta, et comme je vois des signes partout, je me suis dit qu’attendu que je venais de faire ma première grande interview, que j’allais passer le week-end à fréquenter des auteurs, il était peut-être temps que je fasse un petit pèlerinage sur les tombes de quelques uns des plus grands écrivains. Il y a quelque chose de l’ordre de la superstition, sans doute.

J’avais beau m’être munie d’un plan, le fait est que le lieu est labyrinthique et immense, que je me suis perdue et que je n’ai pas trouvé tout le monde, malgré la bienveillance des gens qui, vous voyant perdu, vous demandent « qui » vous cherchez. Il y a aussi ceux qui, vous voyant photographier une sépulture, vous demandent si la personne est célèbre (ça me l’a fait pour Gertrude Stein). Et puis ceux qui se plantent devant vous et vous lancent un nom, comme si vous étiez la Pythie de Delphes…

Drôle d’expérience que cette visite de nécropolis. Les tombeaux somptueux voisinent avec les sépultures les plus simples. Grands noms et inconnus. On se croirait, parfois, dans une ville fantôme dans laquelle on erre un peu perdu. Quelque chose de l’ordre de la Divine Comédie.

Et puis, malgré quelques ratés, malgré la difficulté de trouver certains, comme dans une chasse aux trésors, s’arrêter quelques instants sur ceux qui ont marqué l’histoire de la littérature…

Il manque donc malheureusement quelques auteurs, peintres et autres personnalités liées au monde de l’art : Bernardin de Saint-Pierre, Colette, Benjamin Constant, Alphonse Daudet, Vivant Denon, Ingres, Anna de Noailles, Edith Piaf…

Maintenant, il me reste à faire le même pèlerinage au Montparnasse… un jour…

26 réflexions sur “Le Père Lachaise littéraire

  1. Je ne connais pas, mais en règle générale j’adore visiter les cimetières (hors enterrements bien sûr), et sous le soleil. Je regarde les noms, les dates, j’imagine des vies… J’ai fait ça dernièrement en Islande, c’est dire si personne ne m’était connu.

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  2. Depuis qu’une personne proche y est inhumée, mon regard a changé sur le Père Lachaise : je n’arrive plus à m’intéresser aux tombes de défunts célèbres en ce lieu. Mais je suis toujours étonnée par les comportements des touristes, que tu décris très bien.

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  3. Je connais bien le lieu, et il recèle des tombes anonymes plus élégantes, des coins et recoins comme une ville irréelle avec tant de tombeaux et chapelles.

    Pour le Montparnasse, sa taille est plus petite, l’espace plus plat, et vous pourrez prendre un plan plastifié à une des entrées pour vous guider.

    Après la visite, je vous recommande le café situé au 1 rue Edgar quinet.

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  4. J’aime beaucoup visiter les cimetières… le Père Lachaise est magnifique mais j’en ai vu de plus simples, en Italie par exemple, tout aussi beaux. Sous le soleil bien entendu, le 1er novembre, rien de plus sinistre !!!! 😉

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  5. Je partage votre réticence à l’égard des cimetières ; comme vous, je trouve ça étrange.

    Lorsque je suis passé à Paris, il y aura bientôt un demi-siècle, je n’ai pas été faire un tour au Père Lachaise. Par contre, je fais parfois, au cours de mes voyages, des espèces de pèlerinages, tels que de fréquenter des lieux où ont évolué des personnages historiques, principalement des écrivains. Ainsi, dans la région de Bordeaux, j’ai suivi les traces de Stendhal et de Flaubert, parmi d’autres, qui ont hanté les lieux où l’esprit de Montaigne demeure toujours. Aussi, dans North Beach, le quartier des Beat à San Francisco, pour aller fouiner à la librairie City Lights, retrouver le fantôme de Jack Kerouac, comme dans le roman Volkswagon Blues de Jacques Poulin.

    Quant aux cimetières, il y a des exceptions. Il y a six ans, en passant à Sète, je n’ai pu résister à l’appel du Cimetière marin, celui qu’a chanté Paul Valéry, et où il est enterré. Le lieu est magique… inspirant…

    Votre excellent billet a éveillé de vieux souvenirs. Merci.

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      • Nous partageons cet intérêt pour les écrivains avec Patti Smith — elle, toutefois, fréquente les cimetières. Je viens de terminer son M Train. Fascinant ce récit de vie. J’amorce son Just Kids. J’écoute mes vieux vinyls en la lisant, et j’ai l’impression de retrouver une sœur aînée dont j’aurais perdu la trace.

        Si vous en avez le temps et le loisir, je vous invite à lire le récit de mon pèlerinage sur les traces de Montaigne. Quant’à Valéry, cela attendra un peu… quoique vous pourriez trouver une photo sur mon blogue. Faites une recherche dans mon blogue sur Valéry, choisissez le billet Évanescences.

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  6. Non, tu as interviewé Gaël Faye ?? 😀 😀
    Je trouve comme toi toujours un peu étrange de voir que dans les guides de tourisme on conseille souvent des cimetières, c’est spécial. Mais, c’est souvent de beaux endroits, sereins. Je ne connais pas le Père Lachaise non plus mais si j’ai l’occasion, j’y passerai.

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