Elle se fait des films

Whatever works, de Woody Allen

Whatever worksLove, despite what they tell you, does not conquer all, nor does it even usually last. In the end the romantic aspirations of our youth are reduced to, whatever works.

Je poursuis mon challenge Woody Allen, avec ce film de 2009.

Boris Yelnikoff est misanthrope, cynique et désabusé. Ancien physicien, il a failli avoir le prix Nobel. Désormais, après une tentative de suicide qui l’a rendu boiteux, vit dans un petit appartement new-yorkais assez miteux, et consacre une partie de ses journées à donner des leçons d’échecs à des enfants qu’il insulte. Un soir, en rentrant chez lui, il tombe sur une jeune fugueuse et, pris de pitié, accepte de l’héberger…

Avec ce film, Woody Allen réussit le tour de force d’arriver à produire un objet à la fois profondément cynique et pessimiste, et totalement guimauve — une comédie romantique. Brisant le quatrième mur, Boris ne cesse de s’adresser à nous et de délivrer sur le monde de grandes leçons désabusées qui, si on y réfléchit bien, ne sont pas du tout absurdes, au contraire, et c’est bien finalement ce qui est le plus désespérant ; face à lui, une jeune nymphette totalement idiote, mais dont la naïveté confondante lui permet une joie de vivre réelle, d’autant plus lorsqu’elle est débarrassée des superstitions religieuses — c’est l’un des enjeux du film : vivre sa vie et notamment sa sexualité pleinement, librement, sans s’occuper des interdits religieux. Cela a un petit côté Pygmalionmais cela n’est pas non plus sans rappeler Voltaire : Candide, dont la morale est de « cultiver son jardin », c’est-à-dire à la fois se contenter des choses simples et vivre sans trop se poser de questions métaphysiques sur les grands malheurs du monde, mais aussi Histoire d’un bon bramin dans lequel un savant plein d’esprit est malheureux car il ne cesse de réfléchir, alors que sa voisine, une indienne idiote et bigote, est heureuse car justement elle ne se pose pas de questions : vaut-il mieux être un imbécile heureux, ou un sage malheureux (vous avez quatre heures) ?

Bref, un très beau film, à la fois optimiste et profondément désabusé, qui nous pousse à réfléchir sur notre vision du monde et du bonheur ! Un des meilleurs Woody Allen récents, avec des répliques extraordinaires, et qui n’est pas sans rappeler certains films beaucoup plus anciens !

En bonus, dans une des scènes, vous aurez la surprise assez amusante de croiser… Donald Trump (enfin, sa statue de cire) !

Whatever works
Woody ALLEN
2009

(15 commentaires)

    1. completement d’accord avec Tinalakiller ! Les 10 premières minutes avec le numéro de Boris sont tout simplement géniales … le reste je n’étais pas dedans !

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        1. ouiii mais ça arrive …
          ça n’empèche pas la beauté de la pellicule et la qualité cinématographique non plus.. 🙂 c’est du joli ciné en terme de prise de vue sur un scénario relativement ancien ,1970, dont Woody Allen lui même disait le sentiment de ne pas avoir fait ici un  » grand  » film…. après voilà on aime .. un peu beaucoup etc etc..

          Bonne journée

          Aimé par 1 personne

  1. J’ai ce DVD et je me le garde pour une journée à moi……généralement, je m’offre une journée lit/ bouquin/DVD au milieu de l’hiver…Mais vais je résister encore longtemps après ton billet !

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  2. J’ai bien aimé ce film que j’ai vu à sa sortie, mais ce n’est pas celui qui m’a le plus marqué parmi les récents Woody Allen. Je préfère largement les plus « magiques » comme « Midnight in Paris » ou « Café Society », et « Scoop » dans un autre genre.

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