Elle se fait des films

Much ado about nothing (Beaucoup de bruit pour rien), de Joss Whedon

Much ado about nothingSigh no more, ladies, sigh no more,
Men were deceivers ever,-
One foot in sea and one on shore,
To one thing constant never.

Je ne sais plus du tout comment je suis tombée sur ce film, adaptation à la fois moderne et fidèle de la pièce de Shakespeare, dont le titre en langue originale rend bien mieux que la traduction le sujet central, nothing désignant en argot le sexe féminin (sexe au sens vraiment de sexe). En tout cas, c’est une pièce que j’aime beaucoup, d’une grande richesse, dans laquelle se mélangent Romeo et Juliette, La Mégère apprivoisée et un peu d’Othello.

L’histoire, on la connaît : au retour de la guerre, Don Pedro, accompagné de ses frères d’arme Bénédict et Claudio et de son frère Don Juan avec qui il vient de se réconcilier, se rend chez le seigneur Leonato, gouverneur de Messine. Claudio tombe immédiatement sous le charme d’Hero, la fille de leur hôte, et le mariage est aussitôt organisé. Quant à Benedict, il ne cesse de s’escarmoucher avec Beatrice, la nièce de Leonato, si bien que tout le monde décide de les faire tomber amoureux. Dès le départ cela pourrait donc se terminer bien, si Don Juan, jaloux, ne décidait de jouer les traîtres et de faire capoter le projet de mariage, en entachant la réputation d’Hero.

Les choix de Whedon peuvent surprendre : le texte de Shakespeare apposé sur un contexte contemporain, le tout en noir et blanc. Cela donne un curieux objet cinématographique, très esthétique et sensuel, qui parvient parfaitement à rendre ce qui fait l’essence de la dramaturgie shakespearienne, ce mélange entre le comique et le tragique. Comique avec le couple Benedict/Beatrice, qui se haïssent par orgueil et rivalisent de bons mots (“I can see he’s not in your good books,’ said the messenger. ‘No, and if he were I would burn my library.”) mais succombent tout de même très facilement aux sirènes de l’amour : ils sont drôle, mais aussi éminemment touchants. Le tragique, lui, est incarné par Hero et Claudio, beaucoup plus graves ; mais la pièce dans son ensemble étant une comédie, et même, soyons fous, qualifions la de comédie romantique dont Shakespeare est finalement l’inventeur, tout se termine bien, en mariages et en chansons.

Un beau film donc, une intéressante réinterprétation de Shakespeare (même si certains éléments de l’intrigue ont du mal à cadrer avec le contexte contemporain), à voir !

Much ado about nothing (Beaucoup de bruit pour rien)
Joss WHEDON
2013

8 réflexions sur “Much ado about nothing (Beaucoup de bruit pour rien), de Joss Whedon

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