Elle se fait des films

Sabrina, de Sidney Pollack

SabrinaLes illusions sont des gens dangereux. Ils n’ont pas de défauts.

Je me méfie toujours un peu des remake, mais je voulais absolument voir celui-ci : d’abord parce que Harrison Ford, ensuite parce que réalisé par Sidney Pollack ça ne pouvait pas être totalement mauvais, enfin parce que certains d’entre vous m’y ont encouragée (comme quoi, la recommandation passe parfois dans les deux sens). Donc, comme vendredi soir j’avais envie d’une petite comédie romantique (sans raison particulière d’ailleurs), j’ai choisi ce film.

L’histoire est la même que celle de l’original, mais réactualisée. Sabrina Fairchild, la fille du chauffeur des richissimes Larrabee, passe l’essentiel de son temps perchée dans un arbre à observer les fêtes grandioses données par les patrons de son père, et à mourir d’amour pour le plus jeune des fils Larrabee, David, un jeune playboy qui sait à peine qu’elle existe. Dans l’espoir de la voir oublier cet amour à sens unique, son père l’envoie passer quelque temps à Paris, où, stagiaire à Vogue, elle apprend la photo et se métamorphose en une très séduisante jeune femme, qui ne manque pas de plaire beaucoup à David. Or David est fiancé à Elizabeth Tyson, qu’il a rencontrée par hasard mais qui est la fille d’un industriel auquel les Larrabee voudraient bien s’associer. Le retour de Sabrina et cette histoire naissante n’arrangent donc pas les affaires du sérieux Linus, l’aîné de David, le seul homme au monde à avoir fait don de son coeur de son vivant. Il se met en tête de séduire Sabrina pour l’éloigner de David…

Très bonne surprise que ce film, qui tout en reprenant le schéma du film original parvient à faire quelque chose de nouveau, à la fois charmant et pétillant, moderne et dynamique. Le rôle des femmes, notamment, y est accentué pour correspondre à l’époque : Sabrina travaille à Vogue et apprend la photo plutôt que la cuisine, Elizabeth ne se contente pas d’être une riche héritière mais exerce la médecine, et la famille Larrabee est dirigée d’une main maîtresse par la mère, le père ayant disparu. C’est très sympathique, le seul souci selon moi vient des acteurs : Harrison Ford a tellement plus de charisme, est tellement plus attirant que Greg Kinnear qu’on se demande franchement pourquoi c’est sur le jeune freluquet qu’elle fantasme ; quant à Julia Ormond, elle est mignonne, elle a même un petit côté Juliette Binoche, mais elle manque également singulièrement de ce petit quelque chose magique (même si évidemment passer après Audrey Hepburn n’est pas simple). Du coup, Harrison Ford écrase tout le casting et le film, qui aurait pu s’appeler Socializing Linus. 

Petit bonus, beaucoup de jolies scènes parisiennes (avec des acteurs français : Fanny Ardant, Patrick Bruel, Guillaume Gallienne), évidement un Paris de carte postale tels que le voient les Américains sur fond de La vie en rose. Mais c’est si romantique qu’on ne peut que craquer !

Sabrina
Sidney POLLACK
1995

10 réflexions sur “Sabrina, de Sidney Pollack

  1. Ah .. 🙂 Voilà , c’était une bonne idée de visionner cette version aussi car c’est un bon remake .
    Une autre couleur que l’original bien entendu, comment dire,  » plus froide  » parce que le film est plus actuel sans doute, mais aussi et surtout par ce manque de magie que vous avez bien décrypté du côté de Julia Ormond

    Aimé par 1 personne

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