Romans

Les Enfants indociles, de Marie Charrel

Les enfants indocilesTa grand-mère est une éponge, elle se nourrit de tout ce qui l’entoure pour construire son oeuvre. Je suppose que tous les écrivains fonctionnent ainsi […] C’est ainsi que fonctionne l’imagination. Les briques empruntées au réel servent parfois de fondations, si bien qu’il est impossible de les distinguer sous le crépi et l’isolation. Parfois, elles servent au contraire à recouvrir les façades de la bâtisse : on les distingue alors du premier coup d’œil. Dans tous les cas, l’édifice est toujours plus complexe qu’on ne le suppose au premier regard.

Vous vous souvenez, lorsque vous étiez enfant, et que vous jouiez à « cap ou pas cap ? » ? Et bien, c’est le principe de ce très joli roman qui, en outre, propose une très jolie réflexion sur le travail de l’écrivain.

Claire Jarnon a, selon ses mots, un bon job (enfin, un job : elle rédige l’horoscope pour un quotidien, alors qu’elle est supposée être journaliste), un bel appartement, et pas de cancer. Le problème c’est qu’elle s’ennuie, et que petit à petit elle a renoncé à ses rêves. Mais sa vie est bouleversée lorsque sa grand-mère adorée, une auteure à succès un peu fantasque qui a notamment écrit un best-seller qui suscite bien des interprétations, s’enfuit de la maison de retraite et lance Claire dans un jeu de piste à base de « cap ou pas cap ? » de plus en plus cruels.

Voilà, vraiment, un très joli roman, qui nous parle de liberté et de ce petit grain de folie qu’il faut mettre dans son quotidien pour se sentir pleinement vivre. Un peu thriller, plein de magie, il met au centre du jeu de piste les écrits de la grand-mère de Claire, dont les personnages sont des indices et dont la jeune femme va se rendre compte qu’ils ne sont pas si fictifs que ça — et que cette grand-mère, sa seule famille, gardait bien des secrets, et notamment la raison qui a poussé le père de Claire à disparaître lui aussi. On va de surprise en surprise, d’attendrissement en émerveillement, de tristesse en joie, et cette fantaisie grave, cette légèreté profonde dans les interrogations qu’elle suscite, n’ont pas été sans me rappeler un peu certains romans de Didier van Cauwelaert (le compliment ultime, mais vraiment, la grand-mère pourrait être un de ses personnages de petits vieux un peu farfelus et attachants). Un roman qui nous pousse à réfléchir à notre vie telle qu’elle est, et nous invite à sortir parfois de notre zone de confort, pour le meilleur !

Alors, cap ou pas cap de lire ce roman ?

Les Enfants indociles
Marie CHARREL
Rue Fromentin, 2016

15 réflexions sur “Les Enfants indociles, de Marie Charrel

  1. Pingback: « Fantaisie grave  et « légèreté profonde  : Cultur’elle a aimé « Les enfants indociles  | «MARIE CHARREL

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