Elle se fait des films

Jules et Jim, de François Truffaut

Jules et JimJe pense comme toi qu’en amour, le couple n’est pas idéal.

Jules et Jim, adaptation du roman éponyme de Jean-Pierre Roché, est a tout le moins un film culte. Vu il y a longtemps, il a durablement marqué mon imaginaire, et je le soupçonne d’être tout à fait responsable de mon intérêt vif pour les histoires d’amour à trois, et c’est à fin de cesser de procrastiner sur un de mes textes que j’ai voulu le revoir. Du reste, cette histoire n’a pas marqué que moi, et dès qu’il s’agit d’une histoire à trois personnages, la référence au film de Truffaut n’est jamais loin…

Jules est autrichien, Jim français. Tous deux sont des amis inséparables et vivent une vie de bohème chic où l’argent n’est pas un problème et où les femmes ne font que passer. Jusqu’à ce qu’ils rencontrent Catherine…

Malgré à la fois le contexte (avant la Première Guerre mondiale puis après) et sa date de sortie, ce film est d’une étonnante modernité, avec des personnages qui ne s’embarrassent guère de l’ordre moral pesant sur la société à l’époque : ils sont libres, entiers, réinventent la vie et refusent les compromissions. Ils vivent les choses dans leur absolu, l’amour comme l’amitié. La tragédie plane : parce que tous les deux aiment la même femme, qu’elle les aime finalement tous les deux aussi et que pour elle la vie de couple est incompatible avec l’amour, que les deux hommes eux-mêmes ne peuvent envisager d’être séparés tant leur amitié est forte, ils ne trouvent leur équilibre qu’à trois — équilibre précaire, intenable sans doute car quoiqu’on fasse la jalousie finit toujours par naître. L’amour se mue en ressort tragique, et on sait dès le départ que ce film à la grâce absolue ne peut bien se terminer.

Deux hommes aiment la même femme, et elle passe continuellement de l’un à l’autre : triangle amoureux archétypal, qui ici se double d’une ambiguïté dont la logique n’est finalement jamais poussée jusqu’au bout mais simplement et très subtilement évoquée. Lors d’une de leurs premières sorties ensemble, Catherine se déguise en homme, dans une scène devenue mythique, et la relation entre les deux hommes elle-même peut paraître trouble… Et c’est ce qui fait la force du film : cette tension sexuelle jamais aboutie mais qui laisse planer une interrogation, jusque dans le titre où Catherine n’est pas mentionnée alors qu’elle est supposée être le sommet du triangle.

Dans mon souvenir, la fin était légèrement différente, mais cette légère différence changeait beaucoup de choses… En tout cas, un des plus beaux films de l’histoire du cinéma, à voir et à revoir !

Jules et Jim
François TRUFFAUT
1962

(10 commentaires)

  1. Ménage à trois ! En tant qu’homme je n’aurai pas supporté cette situation plus d’une journée ! Savoir que mon meilleur ami flirt avec la femme que j’aime avec un grand A ? je l’aurai « tué » je crois…
    Plus Jules que Jim je me souviens du côté tyrannique et improbable de Catherine qui prend du plaisir avec Albert pour ennuyer le monde…enfin voilà je n’ai pas aimé.
    J’ajoute que,dans le genre, j’ai largement préféré l’histoire de Women in love de l’immense Ken Russell qui nous montre une tragique histoire d’amour à 4 qui se déroule dans la Grande-Bretagne des années 20 … avec une partition musicale de folie… la couleur..etc…

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