Elle aime le théâtre et l'opéra

Un autre que moi, de Véronique Olmi

Un autre que moiPourquoi tu m’as appelé, si tu veux pas me voir, hein ? Pourquoi tu m’as fait sortir de ce foutu miroir, tu t’imagines que ça me fait plaisir ? Que c’était facile ? Ah non, je n’aime pas me revoir à quarante ans. J’étais pas heureux à cette époque et même malheureux. Entre deux eaux, j’étais. Comme toi. Entre deux cuites, oui ! Pas fier de moi. Pas honteux non plus. Rien !

J’ai décidé que cette année, faute de pouvoir aller au théâtre comme je voudrais (ce qui m’intéresse a la fâcheuse tendance d’être visible uniquement à Paris), j’allais essayer de lire plus de pièces et notamment de pièces d’auteurs contemporains. Alors évidemment, il manque la dimension spectaculaire inhérente au genre théâtral, qui est, comme le disait Barthes, une « machine cybernétique » dont le texte n’est qu’un élément parmi d’autres. Mais enfin, c’est toujours mieux que rien.

Commençons avec la dernière pièce de Véronique Olmi, Un autre que moi.

Ayant fui sa fête d’anniversaire, Fred, le soir de ses 40 ans, se retrouve seul dans une chambre d’hôtel à bas prix. C’est là, du miroir de la porte du placard, que surgit Frédéric, l’air un peu perdu. Fred croit d’abord à un coup monté par sa femme, avant de comprendre que cet homme qui lui fait face, c’est lui, dans 40 ans.

Flirtant avec le fantastique et le merveilleux, au prix d’ailleurs de quelques incohérences si on décortique un peu trop avant le texte, cette pièce est avant tout une réflexion métaphysique sur la vie. Fred est en pleine crise de la quarantaine, ce milieu de vie qui est l’heure des bilans, des interrogations sur soi et sur ce que l’on veut vraiment faire. Frédéric, lui, est en fin de vie, et c’est peu de dire que tout les oppose, montrant par là combien les années peuvent métamorphoser un être. Bizarrement, les choix faits par son moi futur ne conviennent pas du tout au quadragénaire, malgré le bonheur et la sérénité qui semblent irradier du vieil homme. Comme quoi, la vie nous change, mais seulement lorsque nous sommes prêts…

Une pièce très écrite, assez littéraire, souvent drôle, ce qui permet finalement de la lire sans trop de frustration, même si je serais curieuse de la voir sur scène. En tout cas, le sujet ne peut que faire réfléchir… et je ne suis pas sûre que j’aimerais me retrouver face à un moi de 80 ans qui me dirait ce que seront mes prochaines années. Je préfère avoir la surprise !

Un autre que moi
Véronique OLMI
Albin Michel, 2016
Sur scène au théâtre de l’Atelier à partir du 11 février 2016

Lu par Moka

12 réflexions sur “Un autre que moi, de Véronique Olmi

  1. Pingback: Un autre que moi, Véronique Olmi | Bric à Book

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