Elle se promène

Les Turbulences – FRAC Centre, à Orléans

Les TurbulencesAlors que je n’habite vraiment pas loin et que je passe devant tous les jours, je n’étais encore jamais allée aux Turbulences, nom du bâtiment qui abrite le FRAC Centre depuis 2013. Manque d’occasion plus que d’envie, il est vrai, puisque j’étais tout de même assez curieuse de découvrir ce qui se cachait à l’intérieur de ce drôle de bâtiment, dont j’ai vu toutes les étapes de construction, et qui a bien fait parler dans les chaumières. Bref, j’ai décidé de décentraliser un peu la culture sur ce blog, et comme l’occasion m’a été donnée mardi de visiter cet endroit, on va commencer par là.

Le FRAC et ses Turbulences

Les FRAC sont nés dans les années 80 de la volonté de décentralisation : faire rayonner la culture partout en France grâce à des collections internationales de création contemporaine sous toutes ses formes. Le FRAC Centre a été créé en 1982, et c’est en 1991 qu’il prend une orientation prioritairement architecturale : le but est de collecter les expérimentations en art et en architecture de 1950 à nos jours, dans une dimension prospective, critique et utopique. C’est dans cette optique qu’est créée en 1999 la biennale « Archilab ». Le résultat ? Une collection unique au monde, dont les seuls équivalents sont Beaubourg et le MOMA : 22000 oeuvres d’une grande diversité (peintures, dessins, maquettes), 160 architectes, une centaine d’artistes et non des moindres.

C’est en 2009 qu’est posée la première pierre du nouveau bâtiment, qui ouvre ses portes en 2013. Et c’est peu de dire que le projet architectural est parfaitement adapté à l’esprit de la collection du FRAC. L’impératif des architectes, JaKob + MacFarlane (qui sont également à l’origine de la Cité de la Mode et du design) était d’intégrer le bâtiment historique datant des XVIII-XIXe siècles ; ils ont donc travaillé, avec un logiciel de morphing, autour du quadrillage (que l’on peut d’ailleurs voir apparaître sur le bâtiment) pour faire sortir de terre les 3 tours, les « Turbulences », qui donnent leur nom au lieu. Et l’ensemble est plutôt réussi, le futuriste cotoie l’ancien de manière assez harmonieuse.

Quant au 1% artistique, il s’agit d’un travail sur le bâtiment lui-même : une « peau de lumière » qui habille l’ensemble suivant un scénario d’animation conçu par Electronic Shadow, et s’appelant « Résonance ».

Les collections permanentes

La galerie permanente propose, de manière thématique, un voyage à travers la création architecturale des années 50 à nos jours : des projets utopiques, mêlant art et architecture, et réfléchissant au rôle de l’architecte dans le monde et à la manière d’habiter l’espace — comment pourrions nous vivre demain ? Espaces en hauteurs, maisons nomades ou modulables, s’intégrant dans l’espace naturel… on ne peut qu’admirer l’imagination débordante de ces projets.

Exposition temporaire : « Allures »

Le but de cette exposition est de mettre en valeur la notion d' »allure » : ce qui est relatif et fragile, ce que l’on aperçoit à distance, reconnaissable mais imprécis. Le premier volet, visible jusqu’au 21 février, est consacré aux architectures fantomatiques. Au centre, l’oeuvre (G)HOST de Melik Ohanian, installation lumineuse qui joue sur la proximité entre « fantôme » (ghost) et « hôte » (host) : au milieu de ces fantômes tout en noir et blanc, le visiteur est bien l’hôte, invité à la promenade d’oeuvre en oeuvre par attirance plastique et visuelle. Invité, aussi, à imaginer une histoire : si les oeuvres sont pourvues d’un cartel d’identité, elles sont en revanche privées d’explications, pour mieux laisser le visiteur à la liberté de l’imagination. Collages, socles, maquettes blanches, mémoire… ici, le visiteur est invité à rêver !

Le travail le plus fascinant de cette exposition est certainement La Moglie di Lot de Superstudio, créé pour la biennale de Venise en 1978, qui interroge la mémoire et la ruine : il s’agit d’un manifeste sur l’architecture : le temps est aux bâtiments ce que l’eau est au sel. Partant de cette analogie, l’installation consiste à faire goutter de l’eau sur des bâtiments en sel, qui se désagrègent donc peu à peu, laissant apparaître un objet caché. L’idée ? Ne pas faire comme la femme de Lot, qui, se retournant sur le passé, est changée en statue de sel, mais au contraire aller de l’avant. Autre élément notable de l’exposition : la maquette du lycée où je travaille !

Bref : un lieu à voir si vous passez dans le coin ou y vivez, car c’est vraiment passionnant !

Les Turbulences – Frac Centre
88 rue du Colombier
entrée boulevard Rocheplatte
45000 Orléans
(A noter que les collections sont entièrement disponibles sur le site)

8 réflexions sur “Les Turbulences – FRAC Centre, à Orléans

  1. A Lyon Jakob et MacFarlane sont les architectes du Cube orange et du siège d’Euronews, qu’on peut voir sur leur site. Quant à l’exposition, comme souvent avec l’art contemporain, il faut se balader dedans pour se faire une idée… mais c’est un peu loin pour moi !

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