Elle lit des romans

Julie’s way, de Pierre Chazal

Julie's wayToutes les grandes villes se ressemblent, vous disent ceux qui voyagent trop ou ne voyagent pas assez. Qu’on nage dans le Rhône ou dans le Mékong, on s’y noie tout pareil et il y a de la vase au fond. Mais chacun de ces fleuves a sa façon bien à lui de vous avaler. New-York vous donne le torticolis, Varsovie vous perd dans ses tramways. Londres, elle, fait dans l’intraveineuse. La belle infirmière mortifère dont tout l’hôpital tombe amoureux jusqu’au jour où le malade est devenu tellement addict qu’il n’est plus capable ni de partir, ni de rester. De la morphine plein les veines, béat devant les colonnades de la National Gallery, à se demander si ce brave amiral Nelson veillant là-haut sur sa statue ne serait pas tout simplement le saint patron de l’humanité tout entière. 

Vous me connaissez, dès qu’il s’agit de Londres, je fonce. Rien d’étonnant, donc, à ce que ce petit roman se soit retrouvé entre mes mains.

Ce n’est pas uniquement pour faire comme des milliers de français chaque année que Nicolas part s’installer à Londres. Ce qu’il veut, c’est retrouver Julie, la soeur de son meilleur ami Yann. Julie qu’il aimait, qu’il aime toujours, et qui, 6 ans auparavant, s’est enfuie en Angleterre et n’a plus jamais donné de nouvelles, ni à lui ni à sa famille.

Curieux roman que celui-ci, qui oscille entre plusieurs registres et mêle une narration que l’on pourrait facilement qualifier de désinvolte à l’expression d’une fatalité tragique. Multiples sont les petites remarques, presque des prophéties dans la bouche de certains, qui nous font bien sentir que cela ne va pas très bien se finir, en tout cas pas comme l’espérait Nicolas, le narrateur qui plusieurs années après les faits jette un regard en arrière sur une époque révolue. L’essentiel n’est pas là. L’essentiel est dans la quête : quête de Julie, mais aussi quête de soi. S’il est nécessaire pour Nicolas de retrouver cet amour de jeunesse, c’est parce qu’il ne peut pas tourner la page et passer au chapitre suivant de sa vie, en somme grandir, tant qu’il ne comprend pas pourquoi elle s’est enfuie du jour au lendemain. Et tant qu’il n’a pas compris, non plus, que peut-être l’amour ne peut pas toujours sauver de tout. Il s’agit donc d’un roman initiatique, presque un conte. Chemin faisant à travers Londres, l’Angleterre et l’Ecosse, Nicolas se construit, rencontre de belles personnes et… le destin fait le reste !

Un très joli roman, très touchant et émouvant par moments, à découvrir !

Julie’s way
Pierre CHAZAL
Alma, 2016

(13 commentaires)

  1. J’avais beaucoup aimé Les buveurs de lune de cet auteur l’an dernier (billet toujours en mode brouillon mais je le publierai pour diverses raisons) car même si la construction m’avait déstabilisée, j’avais pardonné les quelques maladresses et j’avais avalé les quelques 600 pages en un week-end et demi (j’avais plus de « liberté(s) » à l’époque pour lire, moins pour chroniquer (c’est comme boire ou conduire chez moi depuis 2 ans^^), donc c’est qu’il y avait un message fort et un an après tout juste, il me reste bien en mémoire, ce qui n’est pas le cas de tout ce que j’ai lu… Je note ce Julie’s way qui me semble faire écho aux Buveurs de lune…(très parisien lui et sales banlieues mais pas que…) 🙂

    Aimé par 1 personne

      1. Oui, il est encore maladroit (et j’ai relevé des coquilles danhs celui que j’ai lu) mais quand même, pour me tenir scotchée sur autant de pages avalées en si peu, je me dis qu’il peut s’améliorer (il est très jeune) et …bref…à suivre… ! 😉

        Aimé par 1 personne

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