Elle se promène

Warhol Unlimited, au musée d’art moderne de la ville de Paris

Warhol unlimitedIf you want to know all about Andy Warhol, just look at the surface : of my paintings and films and me, and there I am… There’s nothing behind it.

Je me rends assez régulièrement au Palais de Tokyo juste à côté et au Palais Galliera juste en face, mais étonnamment je n’étais jamais allée au musée d’art moderne de la ville de Paris, si ce n’est pour voir la fin de l’exposition sur Azzedine Alaïa qui y avait pris ses quartiers ; en fait, pour l’art moderne, j’ai plus tendance à aller à Beaubourg, allez savoir pourquoi. Mais bon, le travail de Warhol me fascine assez, donc cette exposition était évidemment dans ma longue liste.

A l’occasion de la première présentation en Europe des Shadows (1978-79), conservés à la Dia Art Foundation, dans leur totalité, le Musée d’Art moderne de la Ville de Paris consacre donc une exposition assez exceptionnelle à Andy Warhol, avec plus de 200 œuvres. Le but de cette exposition est de mettre en avant la dimension sérielle de l’œuvre de Warhol, et sa capacité à repenser les principes de l’exposition.

De manière assez attendue, l’exposition s’ouvre sur la série iconique des Campbell’s soup, devenues cultes et pour ainsi dire la « marque de fabrique » de l’artiste, ainsi que d’une première série d’autoportraits. Le ton est donné : tout le travail de Warhol interroge la notion même d’art, et c’est ce qui va être mis en évidence par la suite. Les projets sont exposés dans des espaces clairement délimités, pour en saisir l’unité et la spécificité : les « étoiles filantes », screen-test de Blow Job passés en très léger ralenti accueillent le visiteur dans la salle suivante et le plongent dans l’atmosphère un peu étrange de l’univers warholien. Mais le premier vrai choc vient avec l’espace « court-circuit » : la salle est tapissée d’un papier-peint à motif bovin, sur lequel est accrochée une série colorée, représentant une chaise électrique : le saisissement vient bien évidemment du décalage entre les couleurs éclatantes et l’objet représenté, à la fois vidé de sa substance par cette manière de le traiter comme s’il était banal, et mis en évidence dans son horreur. D’espace en espace, sont reconstituées des expositions comme « The Personality of the artist » (1964) (des sculptures de bois répliquant des cartons d’emballage, transformant ainsi la galerie en entrepôt), « The American way of death » (1964) consacrée à des photographies en série de Jacky Kennedy, « Fleurs » (1964-1965), « Maonotonie ». Le visiteur pénètre ensuite dans un espace multisensoriel consacré à la volonté de Warhol de créer une oeuvre d’art totale, associant la musique du Velvet Underground, des projections de films et de diapositives, des jeux de lumières, de la danse si on veut puisqu’on est plongé en plein concert. Expérience assez planante et hallucinatoire, poursuivie dans la salle suivante, « Du vent », où des nuages argentés (« silver clouds ») volent ça et là au gré du vent et reflètent le visiteur : beau et poétique, on a l’impression de planer en apesanteur hors du monde !

Andy Warhol - Silver Clouds
Andy Warhol – Silver Clouds

Ce n’est pas avec « Empire » qu’on reviendra à la réalité, puisque l’oeuvre propose une expérience temporelle assez particulière : un film de huit heures en plan fixe sur une structure immobile, le sommet de l’Empire State Building. Le but est de susciter l’arrêt et la rêverie.

Vient enfin le clou de l’exposition : les Shadows. Datant de 1978, ils sont issus d’une commande d’un cycle de 100 peintures, que Warhol a outrepassée en en réalisant 108, dont 102 sont finalement conservées à la Dia Art Fondation. Gigantesque ensemble sans début ni fin constitué de tableaux à la fois semblables et différents accrochés bord à bord, l’oeuvre impose une mise en espace non conventionnelle, celle d’une immense galerie s’étendant à perte de vue dans laquelle on circule et fait l’expérience d’un espace-temps décalé.

Andy Warhol - Shadows
Andy Warhol – Shadows

Une très belle exposition, qui met particulièrement bien en valeur l’originalité de Warhol dans le champ de la création artistique ! A voir absolument comme l’a fait Leiloona !

Warhol Unlimited
Musée d’Art moderne de la Ville de Paris
11 Avenue du Président Wilson
75116 Paris
Jusqu’au 7 février

(15 commentaires)

  1. Tu vas plutôt à Beaubourg tout simplement car… C’est mieux 😉 Pour les collections permanentes, en tout cas, y a pas photo !

    Je voulais aller voir cette expo la semaine dernière, mais nous avons commencé par le Palais de Tokyo (exceptionnelle expo John Giorno – où on croise aussi Warhol d’ailleurs) et lorsque nous sommes sortis il y avait une file d’attente de dingue pour le Mam… J’aime Warhol mais pas au point d’attendre deux heures trente sous la pluie 🙂 Mais tu me donnes envies, je réessaierai peut-être en semaine !

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  2. J’y suis justement allé hier vers 13h (peu de monde: chouette!). J’ai bien aimé. Le côté cloisonné des sections laisse tout de même parfois un petit gout de trop peu (par exemple les boîtes en carton). Les dispositions sont originales (par exemple la salle Mao). Il beaucoup de toiles venant de Pittsburgh, de New York et des collections particulières. Encore une fois j’en aurait voulu un peu plus! Le photomaton de la fin est une idée originale.

    PS: Les « coussins » argentés m’ont fait penser aux « Nanas bollon vinyl » de Niki de Saint Phalle.

    PS2: Est-ce possible de poster une photo ici ? J’en ai pris quelques-unes également.

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