récits et chroniques

Parkeromane, d’Eric Naulleau

ParkeromaneSans négliger ce que ces occasions manquées doivent à ma vieille amie procrastination, les principales difficultés à surmonter se situaient toutefois sur un tout autre plan. Comment évoquer un artiste dont les chansons servent de bande originale à votre existence depuis trois décennies ? Comment rendre hommage à un auteur expert en mots de passe, ainsi que vous avez pu le vérifier dans plusieurs circonstances décisives (et notamment chaque fois que le sphinx revient se planter en travers de votre chemin, histoire de vérifier que vous n’avez pas égaré la clé de l’énigme — car jamais sa question ne change, il arrive seulement que vous ne l’entendiez plus de la même oreille) ?

On sait Eric Naulleau inconditionnel de Graham Parker, il le dit suffisamment souvent pour que cela n’ait pas échappé à qui le suit. Et quand je dis inconditionnel, je pèse mes mots : il s’agit d’une véritable passion, d’une manie, presque une drogue. De celles qui vous font traverser les océans pour assister à un concert, collectionner tous les disques, et finir par connaître l’oeuvre mieux que l’artiste lui-même.

Pour ma part (ne me jetez pas de caillou), je ne connaissais pas Graham Parker, mais je suis curieuse et j’avais très envie de le découvrir à travers les yeux de celui qui est son plus grand fan avec Bruce Springsteen (qui dit qu’il est le seul artiste pour lequel il serait prêt à payer une place de concert — ce qui, venant du Boss, est tout de même une référence).

Il ne s’agit pas ici d’une biographie mais bien d’un hommage voire, soyons fous, d’une déclaration d’amour (ou tout du moins d’amitié, car au fil du temps les deux hommes ont fini par tisser des liens, au point que Parker soit capable de s’arrêter en plein concert pour demander à Naulleau confirmation que tel titre se trouve bien sur tel album). Une collection de petits moments, souvenirs, articles, anecdotes, qui finit par constituer un portrait autant du modèle que de l’artiste. On s’amuse, on admire, on est parfois attendri, et on découvre.

La deuxième partie de l’ouvrage, quant à elle, est une playlist. Assez bienvenue d’ailleurs dans un livre parlant de musique : sur chaque album studio de Parker, Naulleau a choisi une chanson et le chanteur/auteur explique où il a trouvé l’inspiration et plus généralement tout ce qu’il veut dire de cette chanson. C’est passionnant : on découvre un véritable artiste, donc les textes profonds, parfois un peu mystiques, en tout cas très spirituels, résonnent en chacun de nous. Comble de la modernité : grâce à un flashcode, la playlist est directement disponible sur spotify, ce qui permet de s’imprégner totalement de l’univers de Parker.

J’ai particulièrement aimé cette découverte et cette plongée dans l’univers d’un artiste que je ne connaissais pas. J’ai aussi aimé découvrir Naulleau intime, comme un petit garçon dont les yeux brillent à la vue de son idole. Je ne crois pas devenir Parkeromane à mon tour, mais il est probable que certaines chansons de Graham Parker rejoindront ma playlist.

Parkeromane
Eric NAULLEAU
Belfond, 2015

10 réflexions sur “Parkeromane, d’Eric Naulleau

  1. ouaf … Graham Parker ? le sensationnel ( et je pèse mes mots ) 33t the up scalator est chez moi depuis hummm voyons voyons …joker
    Bon et bien merci Caroline , ma PAL vient de s’allonger en passant de un à deux 😀

    Aimé par 1 personne

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