Elle se fait des films

Annie Hall, de Woody Allen

Annie HallC’est alors que m’est revenu cette vieille blague… Vous savez, ce gars qui va chez le psychiatre et dit : « Docteur, mon frère est dingue, il se prend pour une poule ! ». Et le docteur lui répond : « Ben c’est simple… faites-le interner ! ». Et le type dit : « J’aimerais bien, mais j’ai besoin des œufs ». Eh bien, moi c’est comme ça que j’ai tendance à voir les relations humaines. Au fond, elles sont totalement irrationnelles, dingues, absurdes… Mais il semble que nous faisons avec parce que la plupart d’entre nous ont besoin des œufs…

Woody Allen vient d’avoir 80 ans, l’occasion donc de revoir Annie Hall, considéré comme sont premier grand film et même un de ses meilleurs.

A l’aube de ses quarante ans, Alvy Singer fait le bilan de sa situation amoureuse, qui n’est guère brillante : Annie, sa dernière relation, vient de le quitter…

Avec ce film, Woody Allen prend réellement un tournant : plus adulte, plus profond, plus sérieux, il ne s’agit plus d’une suite de gags mais d’une vraie histoire cohérente et ordinaire — on tombe amoureux, on se sépare et on continue sa vie — très inspirée d’ailleurs de Diane Keaton, sa muse et compagne de l’époque. Beaucoup d’émotion, de sentiments personnels, c’est parfois un peu cynique et désabusé, même si on reste dans le registre de la comédie avec des scènes hilarantes comme celles des homards, et le personnage d’Annie totalement fantasque et maladroite. Mais on n’est plus dans la farce, faire rire n’est pas le but en soi, on est dans la grande comédie et le rire n’est que le corollaire du récit. Ça change tout : plus cérébral, plus intellectuel, le film fait aussi émerger les thèmes obsédants qui ne quitteront plus le réalisateur, le judaïsme, la psychanalyse (avec une formidable scène en faux split-screen — faux parce qu’ils ont mis une cloison sur le plateau et réellement tourné les deux scènes en même temps), l’identité, et les milieux cultivés new-yorkais.

Si je continue de préférer les films récents de Woody Allen, celui-ci est tout de même une pépite que je recommande chaudement à ceux qui ne l’auraient pas encore vu !

Annie Hall
Woody ALLEN
1977

(8 commentaires)

  1. Question de génération mais j’ai un petit faible pour les films de Woody Allen avec Diane Keaton et Mia Farrow. Il faudrait que je les regarde à nouveau pour voir si ils n’ont pas trop vieilli. Mais Woody Allen mise actuellement beaucoup sur les images et la musique, gros atout pour que les plus jeunes apprécient davantage les films récents.

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