Elle lit des romans

Les amis du Paradis, de Caroline Vermalle

Les amis du ParadisLe nom de Rose créa comme un écho à l’intérieur d’Antoine, un écho magnifique et douloureux à la fois qui réveillait des spectres. C’était elle. Il l’avait reconnue dès le premier regard après toutes ces années, il avait juste voulu en être sûr. Maintenant, il en était sûr et ça lui faisait une belle jambe. Que faire, à présent . Il était là, à contempler la neige comme un idiot, et à ne pas pouvoir penser à la suite.

J’avais été totalement envoûtée par le précédent roman de Caroline Vermalle, Une Collection de trésors minuscules, et c’est donc avec beaucoup d’enthousiasme que je me suis replongée dans son univers…

Villerude est une petite ville de bord de mer triste l’hiver. Heureusement, le dimanche, il y a le cinéclub dans le vieux cinéma « le Paradis », avec Camille aux commandes. Antoine, qui est resté à Villerude faute de savoir vraiment ce qu’il voulait faire de sa vie, vient souvent aider le vieil homme à réparer les projecteurs, aussi antique que les films qui sont passés. C’est là qu’il recroise Rose, qui lorsqu’elle était enfant passait ses étés dans la grande maison verte au bout de l’avenue des Pins, avant de disparaître à la mort de ses grands-parents. Devenue une violoncelliste virtuose et mondialement connue, elle a pourtant tout plaqué et s’est réfugiée dans la petite station balnéaire, mais ne reconnaît pas Antoine. Et puis, Camille meurt, et le cinéma est en danger.

Il se dégage de ce roman un doux parfum de nostalgie, d’enfance et d’étés au bord de la mer, de cinéma et de musique. Ce cocon que l’on veut retrouver lorsque la vie nous épuise et nous malmène. Le cinéma ne porte pas le nom de « Paradis » par hasard : il est vraiment ce lieu où se rejoignent les multiples sens du mot, à commencer par  le vert paradis des amours enfantines,/Les courses, les chansons, les baisers, les bouquets,/Les violons vibrant derrière les collines*, paradis dans lequel on se réfugie lorsqu’on a besoin d’être réparé. Rose a besoin d’être réparée, et cela tombe bien car Antoine répare tout, il entend la musique des choses, repère lorsqu’elle est dissonante et raccorde le monde. Plein de poésie et d’amour, de réalisme magique, tissé de symboles, ce roman nous emporte loin, bercé par la suite pour violoncelle n°1 de Bach…

Alors oui, ce roman a quelques défauts, il a peut-être moins de charme que le précédent a cause de certains événements un peu trop rocambolesques, mais cela reste un très bon feel good novel mignon comme tout, qui se lit le sourire aux lèvres et parfois la larme à l’oeil…

Les Amis du Paradis
Caroline VERMALLE
Belfond, 2015

Lu par Stephie, Géraldine, Keisha

*Charles Baudelaire, « Moesta et errabunda »

RL201539/42
By Hérisson

(12 commentaires)

  1. Bonjour Caroline
    Merci pour ce petit billet tout en poésie, et cette jolie photo ! Oui, la nostalgie des étés doux est toujours là, surtout lors des hivers rudes. Oui, Rose était toute cassée – comme moi quand j’ai écrit ce livre – mais Antoine (et des saisons meilleures) ont tout réparé ! Ravie de lire que vous avez passé un bon moment en compagnie de mes personnages de cinéma… A bientôt !
    Caroline

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