Elle se fait des films

The Duchess, de Saul Dibb

19001284There were three people in her marriage…

Samedi soir, à l’heure où à peu près tout le monde était scotché devant les rugbymen, j’ai choisi pour ma part une forme de mancrushing plus conforme à mon snobisme : Ralph Fiennes. Bon, sur ce plan-là j’en ai été un peu pour mes frais, attendu que ce film réussit l’exploit de le montrer peu à son avantage alors même qu’il joue un libertin. Mais cela ne m’a pas empêché d’adorer The Duchess.

Nous sommes en Angleterre en 1774. Vive, espiègle, dotée d’une grande intelligence, d’une grâce infinie et d’une beauté à couper le souffle, Georgiana séduit tout ceux qui l’approchent. Tous ? Non : le duc de Devonshire, qui l’a épousée pour qu’elle lui donne un héritier mâle, est semble-t-il le seul homme d’Angleterre à rester insensible au charme de sa femme, et elle est la seule femme d’Angleterre à ne pas le séduire. D’autant qu’elle ne lui donne que des filles. Il finit donc par la tromper sans aucune gêne, et lui impose même un ménage à trois. Dépitée, Georgiana, qui était pourtant toute prête à aimer son mari, se tourne vers le futur Premier Ministre Charles Grey. Mais la liberté qu’un homme peut s’octroyer, une femme n’y a pas droit…

Splendeurs et bassesses de l’aristocratie. Le film séduit d’abord, bien sûr, par sa somptuosité esthétique : paysages magnifiques de ma chère Angleterre (je pense que j’ai dû être un lord anglais dans une autre vie, ce n’est pas possible de rêver comme ça sur la campagne anglaise alors même que je n’aime plutôt pas la campagne), décors sublimes, costumes exceptionnels (qui ont obtenu un Oscar), acteurs magnifiques. Mais ce n’est pas une bluette historique : c’est aussi, et avant tout, un film très cruel sur le statut des femmes, marchandises livrées à des hommes qui les traitent comme des morceaux de viande. A cet égard, le duc apparaît comme un exemple type, pur produit de l’aristocratie anglaise, arrogant, froid et hautain, autoritaire et sautant sur tout ce qui porte une robe, arc-bouté sur sa volonté d’avoir un héritier mâle — odieux, même si le masque finit par tomber et qu’il apparaît surtout, au final, maladroit et empêtré malgré lui dans ces principes qu’il défend, car il est indéniable qu’il est sincèrement amoureux de Beth. On peut d’ailleurs se demander pourquoi, tant Georgiana est exceptionnelle, mais enfin, l’amour ne s’explique pas ; en tout cas, le film offre un sublime portrait de femme : bien qu’elle soit d’apparence futile, grande mondaine et impératrice de la mode, la duchesse est aussi est surtout une femme impliquée politiquement, qui se bat pour un monde meilleur, et qui vit une tragédie intime. La clé du film, c’est la liberté d’être, la liberté d’aimer.

Cela vous rappelle quelqu’un ? Evidemment, on ne peut que penser à Lady Diana, qui est d’ailleurs la descendante de Georgiana. La référence est assumée : la phrase que j’ai mise en exergue, et qui est l’exergue du film, est une phrase de Di décrivant son propre mariage. Étonnant comme, parfois, l’histoire semble se répéter presque à l’identique…

Un film à voir absolument !

The Duchess
Saul DIBB
2008

A year in englandBy Titine

(10 commentaires)

  1. Un film sous-estimé à sa sortie mais j’ai l’impression qu’on est en train de redécouvrir ce film. Personnellement il m’a agréablement surprise, je l’ai trouvé puissant dans son propos et émouvant, Knightley et Fiennes sont géniaux et puis les décors et costumes c’est juste woooow !

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