Romans

L’inconstance des démons, d’Eugène Green

L'inconstance des démonsLe Mal est autre chose. C’est un vide immense et terrible. C’est l’absence dans le monde de ce qu’on m’avait appris, enfant, à nommer Dieu, et dont l’idée restait en moi une réalité organique et indéracinable.

Dès qu’il est question de vieux livres et de sorcellerie, je réponds présente. Raison pour laquelle j’attendais beaucoup de ce roman qui s’enracine dans le pays Basque, et nous permet d’entrer dans autre chose que la pensée rationnelle dominante.

Après la mort de sa femme et de son fils, le narrateur, neurologue de formation, se coupe du monde et, pour faire quelque chose de sa vie, revient à sa première passion : la bibliophilie. C’est comme cela qu’il se retrouve avec entre les mains une mystérieuse traduction en Basque d’un texte de Pascal sur la Grâce. Quelque temps plus tard, il est contacté par une femme dont le fils fait d’étranges crises au cours desquelles il dialogue avec des voix venues de nulle part.

Ce roman est de ceux qui vous tiennent en haleine toute une nuit, tournant fébrilement les pages dans l’attente de la révélation finale, et que vous refermez en vous disant « tout ça pour ça ». Le sujet était pourtant prometteur : s’interrogeant sur la question du Mal, ce thriller métaphysico-ésotérique parvient à mêler Pascal, les jansénistes et la Grâce (assez peu, du reste : le manuscrit en Basque de Pascal semble au départ important, et pourtant on n’en reparle jamais), les sciences occultes et la sorcellerie, et la mythologie basque avec Mari, la divinité féminine représentant la nature et qui est finalement une résistance au christianisme, tout cela sur fond de Sabbat et de Baphomet pourchassés par l’Inquisition. Mais de toutes ces promesses, l’auteur ne fait finalement pas grand chose, esquissant des pistes sans pour autant les mener à leur terme, la finalité de l’ouvrage étant par ailleurs assez embrouillée, tenant d’un « réalisme magique » qui au final se révèle une manière de ne pas choisir son camp entre merveilleux et rationnel. Certains passages sur la sorcellerie sont à la la limite du parodique, les superstitions et stéréotypes pris au pieds de la lettre, et l’écriture souvent trop factuelle.

Bref, une déception que ce roman que j’ai pourtant lu d’une traite. Dommage, l’idée était vraiment bonne au départ…

L’Inconstance des démons
Eugène GREEN
Robert Laffont, 2015

RL2015 28/30
By Hérisson

6 réflexions sur “L’inconstance des démons, d’Eugène Green

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