Elle lit des romans

Le rêve du retour, d’Horacio Castellanos Moya

Le rêve du retour« Vous écrivez de la poésie, n’est-ce pas ? » m’a dit don Chente, à brûle-pourpoint, une indiscrétion que seul Muñecón pouvait lui avoir révélée. Je lui ai répondu que des années auparavant je l’avais beaucoup fait, mais qu’aujourd’hui le journalisme brûlait toute mon énergie et que l’inspiration poétique s’était éloignée, qu’elle ne tolérait pas qu’on la délaisse. Je l’ai interrogé sur le rapport entre la poésie et mes maux, à quoi don Chente a répondu que ni lui ni moi ne pouvions le savoir pour le moment mais que si j’acceptais de me soumettre à un traitement plus approfondi, ce qui remonterait à la surface non seulement cicatriserait cette blessure psychique et émotionnelle, mais expliquerait et sans doute enrichirait ma vocation poétique.

Je me suis rendu compte que, à part quelques Américains et notamment Paul Auster, je lisais finalement assez peu de littérature étrangère, ce qui est somme toute assez dommage. Lacune partiellement réparée donc avec ce roman qui appartient au domaine sud-américain.

Le narrateur, Erasmo Aragón, journaliste dans une agence de presse, s’apprête à totalement changer de vie : exilé depuis l’enfance au Mexique, il a décidé de laisser sa femme et sa fille et de rentrer au Salvador pour y lancer un projet journalistique. Ce projet l’enthousiasme et l’inquiète à la fois, car la situation politique du pays est loin d’être stable, et que c’est peut-être risqué. Peu de temps avant son départ, il consulte un médecin, don Chente, pour des douleurs chroniques au foie, et celui-ci lui propose des séances d’hypnose, dont Erasmo n’a aucun souvenir au réveil.

Un roman qui n’est pas dénué d’intérêts, le principal étant le questionnement de la mémoire, de la construction de soi, et la manière dont ce que nous avons vécu s’enracine en nous, façonne notre âme et parfois rejaillit sur notre corps, lui faisant mal : ici c’est l’expérience de l’exil et certains traumatismes liés à la violence qui perturbent le narrateur, qui n’est pas non plus un saint et passe beaucoup de temps à s’alcooliser avec des individus peu recommandables, tout cela rendant nécessaires le recours aux médecines alternatives comme l’hypnose. Vu sa tendance à partir dans de longs délires verbaux, il ferait tout aussi bien de consulter un psy, ou de se remettre à écrire de la littérature, qui pourrait aussi avoir des vertus thérapeutiques dans son cas. Mais avec ce roman, j’ai dû faire face à deux écueils : d’abord celui du contexte historique, pas toujours facile à comprendre quand on ne connaît pas bien l’Amérique du Sud et son histoire ; mais admettons. Non, mon principal problème, c’est que je n’ai absolument rien compris de la fin : je ne sais pas si c’est que j’ai manqué d’attention ou si le roman se termine complètement en quenouille comme j’en ai eu l’impression, mais toujours est-il qu’il m’a manqué des clés.

Donc j’ai beaucoup aimé certaines choses, mais je suis un peu restée sur ma faim…

Lu par Jérôme (dont l’article me fait penser que j’ai effectivement loupé un truc)

Le Rêve du retour
Horacio CASTELLANOS MOYA
Métailié, 2015

RL201525/30
By Hérisson

(2 commentaires)

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