Elle lit des romans

Figurante, de Dominique Pascaud

FiguranteElle avait cru que cela pouvait changer, elle ne le souhaitait pas, pourtant quelque chose qu’elle n’attendait pas a surgi et a tout modifié. Elle n’imagine plus les décorations des chambres d’hôtes, elle ne voit que le bitume autour de la zone commerciale, elle n’entend que le bruit des véhicules qui passent et repassent non loin de l’hôtel. Elle veut sortir maintenant.

Ce roman est typiquement de ceux à côté desquels je serais passée sans le projet 68 premières fois. A dire vrai, je n’en aurais même probablement jamais entendu parler. A l’image de son titre et de son héroïne, c’est un peu un roman qui fait de la figuration au milieu des têtes d’affiche de la Rentrée Littéraire. Et pourtant, c’est un roman qui mérite que l’on détourne au moins un instant les flashs braqués sur les stars, et qu’on s’intéresse de plus près à ceux qui sont là, à l’arrière-plan, qu’on ne voit pas toujours mais qui sont pourtant indispensables.

Le décor est celui d’un hôtel vétuste et laid. Toutes les journées de Louise se ressemblent : servir le petit-déjeuner, faire les chambres, fumer une cigarette, préparer le repas, rentrer chez elle retrouver Marc, prendre le bus et aller voir son père avec qui elle ne communique pas, le dimanche. Elle n’est pas malheureuse, pourtant, de cette vie sans glamour et sans relief ; elle a des rêves simples, une vie bien rangée et une jolie maison d’hôtes où elle pourra être gentille avec les clients sans être rabrouée par ses patrons. Mais un jour, alors qu’une équipe de tournage s’est installée à l’hôtel, elle se voit proposer le premier rôle par le réalisateur. Et se prend à rêver d’autre chose.

Ce pourrait être un roman comme il y en a bien d’autres, dans lequel un personnage se rend compte un beau jour que sa vie qu’il croyait aimer ne lui convient finalement pas, et qui en change totalement. Et, de fait, il y a de ça : Louise a bien l’impression qu’elle est enfermée dans une vie qui n’est pas à la bonne taille, comme un mauvais vêtement, et que ses rêves de normalité et de petite vie bien rangée n’étaient qu’une illusion. Ou alors, peut-être sont-ce ces rêves de gloire et de lumière qui sont un mirage. Le roman constitue donc un parcours initiatique : quel que soit son choix de vie, Louise en ressort changée, autre, parce qu’elle finit par savoir vraiment ce qu’elle veut comme bonheur.

Il se dégage de ce beau roman, écrit dans une langue très soignée, une douce mélancolie et une langueur qui méritent de séduire les lecteurs !

Lu également par Leiloona

Figurante
Dominique PASCAUD
La Martinière, 2015

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(15 commentaires)

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