Elle lit des BD

La Pasionaria, de Michèle Gazier et Bernard Ciccolini

La PasionariaMarx, c’est une fenêtre dans ma vie… la seule je crois, avec Victor Hugo…

Je dois avouer, non sans honte d’ailleurs, qu’avant d’ouvrir cette BD, dernière parue dans la collection « Grands destins de femme », je n’avais jamais entendu parler de Dolorès Ibárriri, dite La Pasionaria, héroïne de la guerre d’Espagne. Il faut dire que mes connaissances sur cette période de l’histoire sont assez peu étendues, ne l’ayant a priori jamais étudiée en classe. Du coup, ce fut une totale découverte…

Mai 1977. Dans l’avion qui la ramène chez elle après un long exil à Moscou, la Pasionaria, héroïne et figure presque mythique de la guerre d’Espagne, se souvient de sa vie tumultueuse. Née en 1902 au pays Basque, dans une famille de mineurs fervents catholiques, Dolorès est une enfant solitaire, garçon manqué, qui se distingue par son intelligence : elle veut devenir institutrice malgré le déterminisme social, parce que pour elle la connaissance est un chemin vers la liberté. Mais son destin sera différent…

Au départ, la vie de Dolorès ressemble un peu à celle de Julien Sorel : une intellectuelle persécutée par sa famille, qui ne comprend pas son amour pour les livres et bride ses aspirations, l’obligeant à devenir ouvrière et à se marier alors qu’elle aurait voulu mieux. En tout cas, rien ne la prédestinait à devenir une icône, si ce n’est son intelligence, ses lectures et son intérêt très précoce pour le marxisme. Le pas entre l’engagement politique aux côtés des ouvriers et l’engagement révolutionnaire contre le fascisme est vite franchi, et à travers le destin de Dolorès, c’est tout un pan de l’histoire de l’Espagne et de l’Europe qui nous est raconté. Couleur du communisme et du sang, mais aussi de la passion, le rouge se répand comme une traînée sur les pages, renforçant par l’image le déroulement des événements.

Pari réussi donc pour cette BD, qui parvient en peu de pages à donner la mesure d’un destin exceptionnel, tout en éclairant un pan de notre histoire. L’ouvrage est en outre doté d’une chronologie de la guerre d’Espagne, bien utile pour contextualiser !

La Pasionaria
Michèle GAZIER et Bernard CICCOLINI
Naïve, 2015, collection « Grands Destins de Femmes »

(4 commentaires)

  1. Je ne connaissais que le surnom de cette femme et je ne me suis jamais penchée sur sa vie. Ce livre m’intéresse, d’autant que je compte lire prochainement Hommage à la Catalogne de Georges Orwell, qui me fait de l’oeil dans la bibliothèque et parle justement de la guerre d’Espagne !

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