Elle lit des romans

Avec lui. de Nathalie Poitout

Avec lui.Paul aime se lever avant que le réveille sonne. Il aime ce moment, volé au temps, où il peut être avec Marie. Il aime son corps le matin. Chaud, transpirant. Il aime coller son corps au sien. Il aime l’aimer le matin alors qu’elle dort encore. Il aime la réveiller ainsi. Il aime la sentir bouger, respirer, vivre au rythme de leur amour. Il aime l’odeur de ses cheveux, la cambrure de ses reins. Il aime la lourdeur de ses seins entre ses mains. Il aime l’arrondi de sa hanche. Il aime ses pieds sur lesquels il pose les siens. Il aime, se plaît-il à dire, à l’honorer ainsi. Lui dire combien son amour et son désir ne font qu’un. Combien il a besoin de la respirer. Pour pouvoir vivre ensuite. Combien, sans cette respiration, il serait mort.

Un roman qui interroge les relations amoureuses ne pouvait bien évidemment pas m’échapper, surtout lorsqu’il s’agit d’un premier roman et donc d’une nouvelle écriture, d’un nouvel univers à découvrir.

Paul aime Marie. Marie aime Paul. Mais ont-ils la même conception de la vie et de l’amour ? Et du reste, qu’est-ce que l’amour ? Le but ultime de l’existence, à laquelle il donne sens ? C’est le cas pour Marie, mais Paul, lui, se remettra-t-il de sa récente séparation d’avec la mère de ses enfants ?

Collection d’instants de la vie de deux personnes pendant et après leur relation, ce roman frappe d’abord par le parti-pris de l’extériorité, et l’écriture qui, comme une litanie, joue sur les répétitions et les anaphores, épousant le propos qui interroge la répétition des schémas amoureux qui nous mènent toujours à l’échec. Échec contenu dans le titre, dont il ne faut pas oublier le point final, celui d’une histoire qui n’a pas d’avenir, minée de l’intérieur dès ses prémisses. La réussite (du roman) est de parvenir à montrer tout ce qu’une relation amoureuse peut avoir à la fois d’unique et d’universel : comment elle se construit, peu à peu, au quotidien, et comment elle se délite de la même manière lorsque les deux ne donnent pas le même sens au verbe aimer. Marie est sacrificielle, pour elle il est tout, alors que Paul reste assez égoïste, a du mal à se glisser dans une nouvelle relation, finit par trouver Marie étouffante. Alors, le lecteur ne peut que s’interroger sur sa propre conception du sentiment amoureux et la place qu’il permet à l’autre d’occuper dans sa vie, les exigences que l’on peut avoir vis-à-vis de l’autre. Et cette grande et éternelle question : l’amour doit-il nous compléter ou doit-on être déjà complet pour aimer vraiment ? L’amour peut-il nous sauver de nous-même ?

Un roman délicat, pourvu d’un très grand charme, une plume à découvrir !

Avec lui.
Nathalie POITOUT
Alma, 2015

Lu par Leiloona, Séverine, Jostein

68 premières fois4/68
By Charlotte

RL201512/12 – Level 2 complete
By Hérisson

(10 commentaires)

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