Elle se fait des films

Fifty Shades of Grey, de Sam Taylor-Johnson

Fifty Shades of GreyI don’t make love. I fuck. Hard.

J’avais tellement lu et entendu des horreurs sur ce film que, très paradoxalement, j’étais très curieuse de le voir. J’ai donc profité d’une soirée de canicule pour me coller devant.

L’histoire, on la connaît : une godichette vierge qui rencontre un milliardaire tordu qui va l’initier au sexe et à des pratiques un peu spéciales.

Bon. Je n’ai pas trouvé ce film si nul que ça. Je n’ai pas dit que c’était un bon film, attention : j’ai simplement dit que j’avais vu plus mauvais, et que je m’attendais franchement à pire.

Commençons par ce qui ne va pas, et d’abord le casting : Jamie Dornan me fait autant d’effet qu’une biscotte sans beurre (de toute façon, j’avais personnellement milité pour que ce soit Matt Bomer qui joue le rôle), et quant à Dakota Johnson, elle n’a visiblement pas hérité du sex-appeal familial (bon sang mais comment peut-on être aussi fade en étant la fille de Sonny Crockett ?). Et il n’y a pas d’alchimie entre les deux. Mais, à la limite, ce n’est pas le pire : le pire, c’est que tout est aseptisé, ça sent le désinfectant et le savon au lieu de sentir la sueur, le sang, les corps, le sexe quoi ! Pas de poils, pas de maquillage qui coule, c’est du sexe filmé l’américaine, ça se veut transgressif mais ça a peur de la vraie chair, tout est propre, sous contrôle, même la Red Room of Pain a l’air d’une boutique de luxe. En gros, c’est de l’érotisme pour gens qui ont peur du sexe. Alors que. Selon moi, le gros problème du livre, ce n’était pas que l’histoire en elle-même était dénuée d’intérêt à la base, c’est qu’elle était mal traitée et mal écrite. On aurait pu espérer que le film corrige les défauts, mais ce n’est visiblement pas le cas, et c’est dommage : il aurait fallu un vrai bon réalisateur et des acteurs plus charismatiques pour secouer un peu tout ça.

Malgré tout, certaines scènes surnagent un peu dans l’ensemble, et peuvent réveiller le spectateur de sa léthargie : la scène avec les glaçons, la scène avec la plume de paon, qui n’ont rien d’extrêmement original mais sont assez esthétiques. La scène de bondage est très intéressante également, même si à titre personnel je ne suis pas certaine d’apprécier d’être ficelée comme un rôti (alors que les menottes… mais bref, je m’égare). La bande-son est quant à elle extrêmement bien choisie.

Et puis, ce film ne mérite certainement pas les cris d’orfraies des féministes : contrairement à ce que j’ai lu, il ne s’agit absolument pas de violence conjugale, il ne lui fait jamais rien contre sa volonté, et n’en déplaise à certaines, il s’agit bien là d’un fantasme féminin (et masculin aussi, d’ailleurs, mais ce n’est pas le sujet), et j’aimerais bien que l’on libère le sexe de la dictature bien pensante. Alors certes, elle doute, ne sait pas trop si elle veut ou ne veut pas (et c’est normal), et certes, ce n’est sans doute pas du BDSM dans les règles de l’art mais enfin, il m’avait toujours semblé que le sexe, justement, se passait de règles. Bref : rien de scandaleux de ce côté là, elle explore ses fantasmes et ses limites, et si ce n’est pas super bien fait, ce n’est pas non plus un crime.

Bref. Ce n’est pas le film du siècle, comme pour les livres je pense me passer de la suite, ce n’est pas très excitant et il y a mieux dans la catégorie, mais ça ne mérite pas l’hallali non plus.

Fifty Shades of Grey
Sam Taylor-Johnson
2015

15 réflexions sur “Fifty Shades of Grey, de Sam Taylor-Johnson

  1. Dakota Johnson ( qui était doublée pour les scènes hot ) serait plus à l’aise en jeune éleveuse de poule dans le Colorado que dans un film hard ou sexy et c’est bien là un des problèmes de ce film assez moyen , pas pire non plus .
    Il parrait qu’elle a conservé du tournage  » certains accessoires  » en souvenir 🙂 !
    Vous avez raison aussi sur un point : les américains ont un very big problème avec les scènes de lit.Toutes les actrices dorment avec soutifs voir longues combinaisons ou chemises de nuit .

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  2. Je ne l’ai pas vu mais j’ai lu le premier livre ( le premier m’a suffit). Pourtant dans ce qui ressortait du livre je trouvais justement qu’il y avait ce cote propre et aseptise au sens propre comme au figure ( genre l’appart entier de Grey est ultra propre) que tu dis qu’on a dans le film. Et comme tu le dis, le livre etait tellement mal ecrit, y a le cote americain puritain qui est si souvent dans les films. C’est vrai c’est agacant, c’est pas comme ca dans la realite, on ne se reveille pas avec notre maquillage tout frais (meme en ne dormant pas ca n’arrive pas!), on ne fait pas l’amour avec un draps entre les deux corps au cas ou on verrait un mamelon et on ne le fait pas tous sur la peau de bête devant la cheminee. Bref je m’egare. Par curiosite, je voudrais quand meme voir ce qu’il donne ce film.

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  3. Tu as raison sur le fait que ce n’est pas l’histoire qui pose problème mais bien le style et le traitement…Je pense que Sam Taylor-Johnson a fait du mieux qu’elle pouvait avec le casting pas à la hauteur et la morale bien-pensante car le film est sur un plan esthétique plutôt réussi…par contre niveau scènes de sexe ça m’a bien fait rire, tout est aseptisé et honnêtement, il y a de nombreux films plus « classiques » qui sont 1000 fois plus hot que ça!

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  4. Pingback: Fifty Shades darker, de James Foley | Cultur'elle

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