Elle lit de la philosophie Elle lit des essais

Le gaucher boiteux, de Michel Serres

Le gaucher boiteuxCe livre veut et va décrire les figures de pensée. Pour ce faire, il traverse d’abord le Grand Récit des choses, des vifs et des hommes, puis les quatre règles de l’information, elle-même définie, à son tour, par la rareté, règles qui en soutiennent le projet ou justifient aussi ses développements. Ainsi ne sommes-nous pas, nous autres humains, si exceptionnels. L’information circule dans et entre la totalité des existants, universellement.
Et maintenant, qu’est-ce que penser, sinon, au minimum, émettre ces quatre opérations : recevoir, émettre, stocker, traiter de l’information ? Comme tous les existants ?

Avec ce nouvel essai, Michel Serres poursuit sa réflexion engagée dans Petite Poucetteoù il s’interrogeait notamment sur les mutations qu’engendraient les nouvelles technologies sur le mode de pensée.

Ici, la réflexion se veut plus large (et, partant, plus ardue), et le philosophe s’attache à définir ce qu’est penser. Tâche complexe, auquel nombre de ses prédécesseurs se sont essayé : cogito, ergo sum. En un mot, penser, c’est inventer, d’où un éloge de la bifurcation et du déséquilibre, de l’écart, une sorte de principe à sauts et à gambades comme le voulait Montaigne, et qui est finalement créateur : la sérendipité. Trouver ce qu’on ne cherchait pas.

Plutôt que la force, Michel Serres encourage le manque, la fragilité, la vulnérabilité, qui sont à l’origine des plus grandes inventions : les objets du quotidien, qui pallient les faiblesses de l’homme (le manche, prolongement et ersatz du bras, donne une plus grande force), ou encore la littérature, sur laquelle l’auteur propose de très belles pages.

Un essai vivifiant, beaucoup plus complexe que le précédent et nécessitant des neurones réactifs, mais vraiment très intéressant !

Le Gaucher boiteux
Michel SERRES
Le Pommier, 2015

(12 commentaires)

  1. Ce livre m’intrigue comme la pensée de cet auteur prolixe. Je l’ajoute à mes prochaines lectures, quan dle cerveau aura besoin de nourriture qui l’active vraiment, lui suscite de nouveaux chemins de réflexions.

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