récits et chroniques

Sans Brigitte, il n’y a plus d’après de Christophe Mory

Sans Brigitte, il n'y a plus d'aprèsVingt-cinq ans plus tard, nous dictons à nos tablettes, nous lisons sur les écrans, je tape aussi vite que je parle, à quatre doigt toujours, mais quand même. Les romans ont proliféré mais où en est le roman ? Je croyais encore qu’un texte s’imposait de lui-même. C’était sans compter sur Brigitte Benderitter.

Saint-Germain-des-Prés, c’est un peu ma deuxième maison : dès que je suis à Paris, sans que je le fasse toujours exprès, mes pas finissent sur le Boulevard, au Flore souvent. Mais vous connaissez la chanson : Il n’y a plus d’après, à Saint-Germain-des-Prés… Est-ce que le mythe de Saint-Germain est mort ? Est-ce que nous ne vivons plus que sur les décombres d’une vie littéraire au passé glorieux mais au présent problématique ? Comment faire sans Brigitte ?

Brigitte, c’est Brigitte Benderitter, attachée de presse chez Gallimard chargée de la Pléiade et des livres d’art, dont tout le monde de la culture a pleuré la mort en 2007, et qui a même un cocktail à son nom au Ritz. L’auteur la rencontre quelques années avant, et en fait la figure centrale de ce recueil de chroniques qui se veut comme un tombeau pour son amie, mais aussi pour le roman.

Christophe Mory y réfléchit avec beaucoup d’acuité à la fois sur la littérature et sur la vie littéraire. Plusieurs directions : sa vie d’éditeur et d’auteur de cocktails en salons du livre et en services de presse, ses cours à l’Institut Français où il enseigne l’histoire du roman à des étudiants étrangers et où se cotoient Céline, Gide, Proust, Mauriac, Malraux, Aragon, Camus, les Hussards, le Nouveau Roman, l’Oulipo, et Houellebecq. Son amitié avec Marcel Schneider. Et puis Brigitte Benderitter, qu’il nous rend vivante attachante : un peu snob et désinvolte, un peu fofolle, pétillante, légère, insouciante et naïve. Une amoureuse de Saint-Germain et du Flore.

L’ensemble est un peu décliniste et pessimiste : l’auteur semble parfois avoir perdu la foi en la littérature et en son pouvoir. Mais c’est une lecture passionnante, qui interroge, et un bel hommage !

Ce texte fait partie de la sélection de Printemps « essais » du Renaudot, et mérite que l’on s’y attarde même s’il n’a pas joui d’une grosse couverture médiatique !

Sans Brigitte, il n’y a plus d’après
Christophe MORY
Riveneuve/Archimbaud, 2015

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