Romans

Ecoute la pluie, de Michèle Lesbre

Ecoute la pluiePuis le ronflement sourd de la rame qui s’approchait à grande vitesse a provoqué un frémissement parmi les rares voyageurs. Le vieil homme s’est tourné vers moi avec toujours ce sourire limpide, j’ai cru qu’il allait me demander quelque chose, mais il a sauté sur les rails comme un enfant qui enjambe un buisson, avec la même légèreté.

Ce soir, Michèle Lesbre est une des invitées de la Grande Librairie pour parler de son dernier roman, Chemins ; elle était vendredi dernier au salon du livre, où j’ai acheté son oeuvre précédente, parce que quelqu’un (qui ?) m’avait conseillé de ne pas la découvrir avec son dernier, et aussi parce que Ecoute la pluie m’intriguait depuis sa sortie (et donc le précédent passage de l’auteure chez Busnel… la boucle est bouclée).

Alors qu’elle s’apprête à prendre le train pour rejoindre l’homme qu’elle aime, la narratrice assiste au suicide d’un vieil homme qui se jette sous une rame de métro. Commence alors pour elle une nuit d’errance, qui la conduit à s’interroger sur sa vie.

Déconcertant, ce roman, écrit à la deuxième personne puisqu’il s’adresse à l’être aimé, suit une logique plus méditative que narrative : le choc de la mort d’un homme, par un effet de balancier, conduit celle qui parle à plonger en elle-même, à s’interroger sur son histoire et ce qu’elle est, le tout en tissant les motifs de la vie, de la mort, de la photographie et de la pluie intérieure qui résonne en nous et qu’il nous faut comprendre. Animé par la poétique de l’errance, le texte a quelque chose de Virginia Woolf dans cette mélancolie lumineuse qui l’habite.

Un très beau texte, très poétique : je suis ravie d’avoir découvert cette plume !

Ecoute la pluie
Michèle LESBRE
Sabine Wespieser, 2013

17 réflexions sur “Ecoute la pluie, de Michèle Lesbre

  1. J’ai lu Le canapé rouge. C’est un peu la même trame : une narratrice part à la recherche d’un ancien amour, tout se passe dans le train qui la conduit jusqu’à lui, au gré de ses souvenirs et de ses réflexions personnelles. J’avais apprécié sa poésie mais avais trouvé le rythme du roman un peu trop lent pour moi.

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  2. Je crois que c’est lors d’échanges sous mon billet sur « chemins » chez leiloona, que je t’avais conseillé de ne pas commencer par son dernier!
    Je suis content que tu aimes! Je trouve que c’est un vrai style, c’est tres contemplatif, il ne se passe presque rien, tout va lentement chez Lesbre, mais quelle poesie dans l’écriture! La petite trotteuse est un regal de ce point de vue!

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  3. Je l’ai début de l’année et j’ai beaucoup aimé aussi… J’aime sa façon d’écrire et qu’il ne se passe pas grand chose ne me dérange pas non plus… C’est beau, poétique, les images restent en mémoire… J’avais tout autant aimé Le canapé rouge d’ailleurs. Bon week end l’Irrégulière

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  4. Pingback: Amours, de Léonor de Récondo | Cultur'elle

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