Elle se fait des films

Grace de Monaco, d’Olivier Dahan

Grace de MonacoL’idée que ma vie est un conte de fées est déjà, en soi, un conte de fées. (Grace Kelly)

On a beaucoup parlé de ce film. En mal. D’abord, il y a eu le rejet catégorique du Rocher qui estimait que le film salissait la mémoire de Grace. Et puis, après les premières projections, à écouter aussi bien les critiques professionnels que le public, on avait l’impression d’un véritable naufrage, presque le pire film de toute l’histoire du cinéma (qui en a pourtant vu d’autres). Ce qui n’a fait qu’attiser mon envie de le voir, déjà présente au départ : l’histoire de Grace m’intéresse, j’aime assez les biopics. Et puis, j’avoue, Tim Roth me donne très très chaud.

En 1956, Grace Kelly est une immense star de cinéma, promise à une grande carrière, qu’elle abandonne pour vivre le plus grand rôle de sa vie : Princesse de Monaco. Six ans plus tard, Hitchcock vient lui proposer de jouer dans Marnie : malgré ce qu’elle dit, elle n’est pas heureuse, et tourner lui ferait du bien ; Rainier n’est pas contre a priori, mais c’est à ce moment que s’ouvre une grave crise avec la France, qui met en péril l’existence même de la principauté.

Sans qu’il soit le film du siècle, je trouve que Grace de Monaco n’est pas le navet que beaucoup ont descendu en flamme. Je lui trouve même beaucoup de qualités. D’abord, je trouve extrêmement intéressant, plutôt que d’un biopic visant à résumer toute une vie en un minimum de temps, le choix de se concentrer sur une seule année, qui est à la fois une année de crise politique et une année de crise dans le couple : cela permet d’apporter une cohérence et une véritable intrigue que l’on ne trouve pas toujours, et ce même si je n’ai pas bien compris en quoi le fait que Grace envisage de tourner un film regardait De Gaulle. De fait, s’il y a bien un personnage dont la mémoire est malmenée dans le film, ce n’est pas Grace, ni même Rainier, mais bien le Général, qui apparaît ici plus proche d’un Napoléon que d’un sauveur. Grace, elle, est la perfection absolue : belle (et j’ai du mal à imaginer qui que ce soit d’autre que Kidman dans le rôle), frondeuse, têtue, fière et indépendante, et en même temps touchante : une femme qui se débat entre ce qu’on voudrait qu’elle soit et ce qu’elle est, et qui fait son possible pour satisfaire les exigences de tout le monde.

Bref pour moi c’est un film qui se laisse regarder sans déplaisir : les costumes sont fabuleux et certains moments avec la voix de la Callas sont de la pure poésie (il faut dire que l’air de la Wally est de ceux qui sont capables de me mettre en transe). Et Tim Roth ? Et bien Tim Roth étant la coolitude et la sexytude incarnées, je trouve que ça ne correspond pas trop au personnage originel, mais enfin, ce n’est pas grave !

Grace de Monaco
Olivier DAHAN
2014

(4 commentaires)

  1. Bonjour,
    c’est un film que j’ai pris plaisir à voir et sans être un monument du cinéma ce n’est pas non plus un navet.
    Je me suis permis de taguer (tag littéraire) sur mon blog, aucune obligation bien sûr.
    Bonne journée

    J'aime

Un petit mot ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s