Elle lit des romans

La bibliothèque des coeurs cabossés, de Katarina Bivald

Bibliothèque des coeurs cabossésIl y avait Amy ainsi qu’une petite ville de l’Iowa tout droit sortie d’un roman de Fannie Flag ou d’Annie Proulx. Sara avait acheté un ouvrage à Amy par le biais d’une plateforme internationale de bouquinistes sur laquelle des particuliers étaient autorisés à commercer. Comme Amy refusait tout paiement, Sara avait pris son courage à deux mains et lui avait à son tour envoyé un volume pour la remercier, puis elles avaient poursuivi leurs échanges. Amy lui avait écrit des lettres fabuleuses sur des livres et les habitants de la petite ville. C’était alors tout ce à quoi Sara pouvait se raccrocher. La seule ligne de vie dans une existence qui lui apparaissait totalement vide de sens. 

Ce roman est en train de devenir un véritable phénomène, grâce au bouche-à-oreille extrêmement positif dont il jouit. Habituellement, je me méfie un peu des feegood novels (je me soupçonne d’être trop cynique) mais là, je ne sais pas pourquoi, mon instinct m’a dit de foncer.

Timide et renfermée, Sara Lindqvist est une jeune libraire suédoise de 28 ans, qui a depuis longtemps abandonné la vie réelle pour celle des livres. Depuis quelque temps, elle correspond avec Amy, une vieille dame qui vit à Broken Wheel, au fin fond de l’Iowa. Elles parlent surtout de livres. Lorsque Sara perd son emploi, Amy l’invite à passer quelques semaines chez elle. Malheureusement, Sara arrive le jour de l’enterrement d’Amy, mais est vite prise en charge par les autres habitants de Broken Wheel, qui veulent qu’elle se sente bien. Et, pour les remercier et faire partie de la communauté, Sara ouvre une librairie avec les livres d’Amy. Et puis il y a Tom, qui ne l’attire pas du tout. Mais alors, non, vraiment, pas du tout…

L’appellation de feelgood novel n’est pas du tout usurpée, car c’est vraiment un roman qui fait du bien au moral et qu’on ne peut pas lire autrement qu’avec le sourire aux lèvres : un vrai livre doudou, plein de bons sentiments et d’optimisme, de gens gentils et altruistes, qui a réussi à atomiser mon cynisme et ma misanthropie. Et ma désapprobation vis-à-vis de la vie bucolique : Broken Wheel a beau être, il faut bien le dire, un trou perdu, il fait bon y vivre, on a l’impression d’une vraie communauté où les habitants sont solidaires et s’entraident — au prix d’un peu d’ingérence, mais c’est pour la bonne cause. Et puis, c’est aussi et surtout un roman sur les livres et tout ce qu’ils peuvent apporter de beau dans la vie, sur l’importance vitale des librairies, avec l’idée que chacun d’entre nous, même le plus rétif à la lecture, a « son » roman qui l’attend : il suffit d’une bonne fée pour le trouver, et c’est un plaisir de voir Sara s’épanouir et devenir cette bonne fée pour les habitants de Broken Wheel.

Drôle, tendre, plein d’amour dans toutes ses manifestations, ce roman est parfait pour mettre du baume aux coeurs tristes ! Je m’interroge juste sur le titre, qui ne correspond pas au contenu du livre (il s’agit d’une librairie et non d’une bibliothèque) et me semble un peu grandiloquent… mais que cela ne vous arrête pas !

La Bibliothèque des coeurs cabossés
Katarina BIVALD
Traduit du suédois par Carine Bruy
Denoël, 2015

(26 commentaires)

  1. Le titre n’a pas grand chose à voir avec l’original (Broken Wheel est le nom de la ville).
    Je constate sur la photo que tes livres sont un peu rangés par éditeurs, comme chez moi (c’est pratique, pour la taille)

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  2. Moi aussi, je l’ai trouvé plein de bons sentiments. J’ai aimé les personnages et Broken Wheel. En revanche, j’ai décroché à cause du manque de crédibilité de certaines scènes.

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